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jeudi 12 avril 2012

[Traduction] L'opposition confirme mon objectif.

(Traduction de l'article de Dan Cudahy et d'Angel Flinn, "Opposition confirms my purpose")
 
J’ai écrit cet article avec Angel Flinn, qui est directrice d'éducation pour Gentle World —une communauté d’intention végane et organisation à but non lucratif dont l’objectif est d’aider à construire une société plus paisible, en éduquant le public par rapport aux raisons de devenir vegan, les bénéfices du véganisme, et comment faire la transition..

Cet article fut publié initialement le 29 février 2012 sur Care2.

-Dan Cudahy, auteur de Unpopular Vegan Essays

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“Je trouvais les esprits des gens étrangement indifférents au sujet de l’esclavagisme. Leurs préjugés étaient invincibles—plus forts, si possible, que ceux des esclavagistes. Les objections fusaient de toutes parts ; les excuses pour le système abominable saluaient constamment mes oreilles ; des obstacles étaient industriellement placés sur mon chemin… Ce qui était encore plus décourageant, mes meilleurs amis – sans exception --  me suppliaient d’abandonner mon combat ! Ce n’était pas à moi (soutenaient-ils) à utiliser mon temps, et talents, et services, là où la persécution, le reproche et la pauvreté étaient la seule récompense certaine. Mon projet était visionnaire—fanatique—inatteignable… Mais l’opposition ne servait seulement qu’à augmenter mon ardeur, et confirmer mon objectif. »

~ William Lloyd Garrison (Juillet 14, 1830)

Nous vivons dans un monde où la grande majorité des gens considèrent comme parfaitement acceptable d’oppresser et exploiter d’autres animaux, malgré le fait que nous n’avons aucune justification morale pour ça. Chaque année aux Etats-Unis, approximativement dix milliards d’animaux terrestres sont tués, après avoir été intentionnellement mis au monde et asservis, tout ça pour le profit humain. Dans le monde, le nombre atteint approximativement 56 milliards annuellement. Lorsque nous comptons les animaux vivant dans l’eau, on ajoute des dizaines ou centaines de milliards chaque année.

Tous ces animaux sont aussi innocents que des enfants, mais nous les traitons comme si le fait d’être né en tant que membre d’une espèce différente est un crime passible de prison à perpétuité, souvent accompagné de torture, et s’achevant par la peine de mort. En réalité, pour la grande majorité d’entre eux, les vies qu’ils sont forcés de vivre sont tellement insupportables qu’une mort prématurée – elle-même n’étant que souffrance – pourrait en théorie servir d’espèce de délivrance miséricordieuse d’une vie de souffrance physique, psychologique et émotionnelle.

Le véganisme généralisé est le seul espoir qu’ont ces êtres non-humains d’atteindre l’émancipation de leur existence brève et brutale. Un tel changement fondamental dans notre société ne sera provoqué que par un changement radical de paradigme moral semblable à ceux qui ont résulté en abolition de l’esclavagisme humain et au droit de vote pour les femmes.

Les changements de paradigme, cependant, ne se produisent pas d’eux-mêmes. Ils sont causés par de petits groupes de gens dans la société – toujours considérés comme « radicaux » à leur époque – qui éduquent de manière persistante les autres sur des dizaines années par rapport à la nécessité de changement. En effet, William Lloyd Garrison fonda The Liberator, un journal hebdomadaire anti-esclavagisme, en 1831, et ce ne fut qu’après 34 ans et une des guerres les plus sanglantes sur le sol des Etats-Unis* que l’esclavagisme fut finalement aboli en 1865. De manière similaire, le porte-parole du mouvement pour le droit de vote des femmes fut John Stuart Mill en 1865, mais les femmes n’obtinrent le droit de vote qu’en 1918 au Royaume-Uni et en 1920 aux Etats-Unis.

* Notons que William Lloyd Garrison, les auteurs de cet article, et l’approche abolitionniste des droits des animaux rejettent la violence et ne supportent seulement que l’éducation non-violente et le dialogue raisonnable comme moyens pour une justice sociale, peu importe la cause.

Dans leurs efforts pour éduquer et s’engager dans la désobéissance civile au nom de nobles causes, les abolitionnistes et suffragistes ont enduré le ridicule, la colère, l’emprisonnement, et des menaces de mort, autant du régime lui-même que des contre-mouvements formés par des citoyens ayant un intérêt à ce que la situation actuelle soit maintenue.

Un abolitionniste ou suffragiste calme n’embêtait personne. Respecter « le choix personnel de chacun » via un silence déférent était considéré comme « modéré et respectable » par ceux dévoués au statu quo. Remettre en cause l’injustice via l’éducation morale était considéré comme « imbu », « offensant », « extrémiste » et « rebutant ».

Prenez, par exemple, la citation suivante de 1847, dans laquelle le partisan de l’esclavagisme humain, Joseph W. Lesesne, critique les militants anti-esclavagisme et le mouvement abolitionniste :

“La conduite des abolitionnistes a été des plus atroces. Aucun mot n’est assez fort pour la dénoncer. L’impudence éhontée avec laquelle ils ont piétiné la constitution, et leurs artifices mesquins et misérables pour nous priver de notre propriété d’esclaves devraient faire l’objet du mépris de toute l’Union.”

Au plus la position d’un militant est directe et sans équivoque, au plus de résistance il ou elle rencontre.

Et il en est ainsi aujourd’hui avec les vegans. Malgré le fait que nous soyons si clairement du côté de la justice pour tous les êtres sentients, nous devons nous attendre à rencontrer de la résistance la plupart du temps. En tant que solides éducateurs et militants vegans, nous devons nous attendre à être rejetés, dénaturés, et à être soumis à toute forme de traitement estimées comme les plus efficaces par ceux qui s’opposent à nous pour décourager nos efforts. Reconnaître et accepter la situation pour ce qu’elle est, et réaliser que d’autres mouvements de justice sociale ont fait face à une résistance et une critique similaire pendant de nombreuses dizaines d’années, peut également nous aider à persister dans nos efforts pendant de nombreuses dizaines d’années.

En dehors du fait d’être simplement du côté justifié d’une cause, une raison majeure pour laquelle les mouvements de justice sociale du passé ont réussi était la persistance. Réaliser que même le militantisme le plus efficace prendra des dizaines d’années, plutôt que des mois ou années, pour voir ses objectifs atteints peut nous donner la perspective dont nous avons besoin pour prévaloir au final en évitant le burnout inhérent à l’activité obsessionnelle, les attentes irréalistes, et l’accent sur le court-terme pour des résultats à court-terme. Nous devrions reconnaître qu’il peut être parfois bénéfique de faire une pause et recharger nos batteries, et que, à côté de notre plaidoyer personnel, il est important que nous nous efforçons de maintenir une bonne santé physique, mentale et émotionnelle, afin d’être aussi efficace que possible dans nos efforts pour éduquer et inspirer les autres.

Alors persistons sans relâche dans la lutte pour la justice à un rythme que nous pouvons maintenir aussi longtemps que nécessaire. Ne mesurons pas nos progrès en « victoires » insignifiante de bien-être, qui, pendant le peu de temps qu’elles durent, ne servent seulement qu’à perpétuer le paradigme de l’exploitation et à rendre plus à l’aise le consommateur par rapport à leurs achats de produits animaux. Mesurons à la place le progrès en terme d’augmentation de vegans éthiques, de diminution de consommation de produits animaux, l’augmentation d’alternatives véganes, et la transformation graduelle de la conscience collective, qui, il y a encore 65 ans , n’avait même pas de mot pour décrire quelqu’un comme étant ‘vegan’.

Avec le temps, la puissance irrépressible de la justice triomphera, lorsque nous surmonterons le préjudice honteux et la discrimination abjecte qui tente de justifier et maintenir le statut moral des animaux comme étant des propriétés économiques et des marchandises échangeables. Avant que ce jour n’arrive, utilisons toute opposition venant à notre rencontre pour renforcer notre ardeur, et confirmer notre objectif.

S’appuyant sur la sagesse d’une des autres grandes voix du mouvement anti-esclavagisme du 19e, Frederick Douglass,

Ceux qui professent vouloir la liberté, mais refusent l’activisme sont des gens qui veulent la récolte sans le labour de la terre, la pluie sans le tonnerre et les éclairs : ils voudraient l’océan, mais sans le terrible grondement de toutes ses eaux. Le pouvoir ne cède rien qu'on ne lui ait arraché. Il ne l'a jamais fait et ne le fera jamais. »



mercredi 21 mars 2012

[Traduction] L'importance d'être vegan

(Traduction de l'article de Dan Cudahy et d'Angel Flinn, "The importance of being vegan)
 
J’ai écrit cet article avec Angel Flinn, qui est directrice d'éducation pour Gentle World —une communauté d’intention végane et organisation à but non lucratif dont l’objectif est d’aider à construire une société plus paisible, en éduquant le public par rapport aux raisons de devenir vegan, les bénéfices du véganisme, et comment faire la transition..

Cet article fut publié initialement le 8 juillet 2011 sur Care2.

-Dan Cudahy, auteur de Unpopular Vegan Essays

"Si un homme aspire à une vie juste, il doit commencer par s'abstenir de faire du mal aux animaux.”

Leo Tolstoy



Intellectuellement, la plupart d’entre nous s’accordent qu’infliger un mal dispensable est injustifié – que les victimes soient humaines ou pas. Et pourtant, la plupart des mêmes personnes qui souscrivent à cette croyance sont prêtes à fermer les yeux en regard d’un tel préjudice lorsqu’elles perçoivent elles-mêmes une sorte d’avantage à cela – que les bénéfices soient sous forme de nourriture, de possessions, de vanité ou d’amusement.

Malheureusement, puisque la violence généralisée envers les animaux sous forme d’ « agriculture », de « recherche » et même de « divertissement », est acceptée par la société dominante et ses systèmes légaux, la majorité des gens ont tendance à refuser de voir cette brutalité pour ce qu’elle est, et de sortir du conditionnement persuasif qui rend possible ce genre d’atrocités.

Il est vrai que de plus en plus de personnes commencent à s’exprimer par rapport aux nombreux abus odieux qui se produisent dans l’industrie animale, et le mouvement pour « améliorer les conditions » de ces animaux continue de gagner en popularité. Et pourtant, chacune des horribles pratiques contre lesquelles les militants des animaux protestent passionnément – confinement intensif, insémination forcée, séparation de mère et enfant, castration, écornage, débecquage, mulesing, dégriffage, brûlures à vif, mue forcée – toutes ces horribles procédures, et bien d’autres, existent parce qu’un nombre toujours croissant de consommateurs humains continue de créer de la demande pour des produits animaux. Pour une industrie qui voit des êtres sentients comme des unités économiques – des machines à engranger l’argent – il est inévitable qu’une telle violence sera considérée comme un moyen acceptable en vue de fournir des produits qui créent un bénéfice.

Dans tous les cas, même si chacune des pratiques mentionnées plus haut étaient abolies, cela resterait immoral et inexcusable d’utiliser d’autres êtres sentients comme ressources. Dans le monde d’aujourd’hui, les alternatives véganes sont disponibles pour chaque usage significatif pour lequel nous utilisons actuellement des animaux*. Un nombre grandissant de personnes adoptent le véganisme comme solution aux problèmes que nous expérimentons en tant qu’individus et en tant que société – de nos nombreux problèmes de santé, à l’urgence environnementale, en passant par le problème de violence croissante – tous nous faisant craindre pour le futur dans une certaine mesure.

*NB: Bien que des produits animaux soient utilisés pour certains objets pour lesquels on ne trouve pour l’instant pas d’alternatives de consommation – comme les ordinateurs et les pneus de voiture – il y a des alternatives qui pourraient être facilement utilisées dans leur fabrication.

Au fur et à mesure que ce mouvement pour l’émancipation animale croit en taille et force, un exemple fort est montré par les individus qui refusent de prendre quelque part que ce soit à l’oppression brutale d’innocents dans ce que nous appelons « industrie animale ». Des hommes et des femmes, partout dans le monde, simplement en vivant en tant que vegan(e)s, démontrent qu’il n’y a aucune justification morale au mal que nous infligeons aux animaux.

Certains pourraient tenter de justifier la consommation de produits animaux pour des raisons de santé. Et pourtant, un nombre croissant de professionnels de la médecine commencent à réaliser que non seulement les régimes alimentaires végétaliens sont nutritionnellement complets, mais qu’ils sont en réalité plus nourrissants et bien moins néfastes que leurs homologues à base d’animaux. En outre, le public commence à réaliser que bon nombre des dangers associés au régime alimentaire – maladie du cœur, cancer, attaques cardiaques, obésité, diabète, et bien d’autres – sont exacerbés par la consommation de produits animaux, et peuvent en réalité être évités en adoptant un régime alimentaire vegan.

Selon la plus grande organisation mondiale sur l’alimentation et des professionnels en nutrition, l’association américaine de diététique (AAD) :

« ... les  alimentations    végétariennes    bien conçues  (y  compris  végétaliennes) sont bonnes pour la santé, adéquates sur  le  plan  nutritionnel  et  peuvent être bénéfiques pour la prévention et le traitement de certaines maladies… Les    alimentations    végétariennes bien conçues sont appropriées à tous les âges de la vie, y compris pendant la  grossesse,  l’allaitement,  la  petite enfance,  l’enfance  et  l’adolescence, ainsi que pour les sportifs. »

En d’autres mots, la position officielle de la – très conservatrice – AAD est que inclure des produits animaux dans son régime alimentaire n’est non seulement pas nécessaire, mais peut en réalité être nocif pour notre santé.

Quid de nos autres utilisations d’animaux ? Le cuir, la laine, la soie, la fourrure, les produits de toilette, les cosmétiques, le divertissement, le sport, la grande majorité de notre expérimentation, tout cela n’est clairement pas nécessaire selon tout concept cohérent du mot « nécessaire », vu qu’on trouve des alternatives véganes pour tout cela.

Le véganisme n’est pas une philosophie marginale : c’est un fondement moral qui est compatible avec les croyances que la plupart d’entre nous ont déjà. Le véganisme revient simplement à s’abstenir de participer à l’utilisation dispensable et préjudiciable d’êtres sentients. Vu que la plupart d’entre nous sont naturellement opposés à la violence dispensable, devenir et rester vegan n’est pas une question de changer une quelconque conviction morale. Cela requiert tout simplement de nous que nous soyons prêts à changer les habitudes que nous avons développées qui nous empêchent de vivre selon nos principes. Chacun(e) d’entre nous a été conditionné(e) par la propagande d’une société hautement spéciste, une culture mondiale qui est extrêmement préjudiciée contre les intérêts de ces animaux qui n’ont pas eu la chance de venir au monde sur cette planète sous une forme humaine. Et pourtant, chacun(e) d’entre nous a le pouvoir de se libérer de cet endoctrinement. Devenir vegan est simplement reconnaître et admettre qui nous sommes vraiment, c’est l’opportunité de devenir ce que nous serions si personne ne nous avait appris qu’il est normal de tourner le dos aux besoins et aux droits de nos frères animaux, qu’il est normal d’ignorer leur douleur si cela nous apporte du plaisir.

Est-ce que le véganisme est un sacrifice ? Pas du tout. Au contraire, c’est le choix de chacun des non-vegans qui sacrifie notre propre bonté intérieure. Une fois que vous prenez la décision de vivre en accord avec vos valeurs, les récompenses, sous forme d’un corps plus sain, d’un esprit plus clair, et d’une conscience plus paisible, seront à la fois profondément apparentes et une source de joie continue.

Et même si le véganisme nous demande d’abandonner certains de nos plats favoris, vêtements adorés, et habitudes chéries, est-ce que cela a vraiment de l’importance ? L’institution de l’esclavagisme et le traitement d’êtres sentients en tant que « choses »,  qu’ils soient humains ou non-humains, sont intrinsèquement et gravement injustes. Les changements que nous demande le véganisme, et les avantages que nous apporte le véganisme, sont sans rapport avec la véritable question morale :

Est-ce que le gout d’une nourriture particulière, ou la manière dont vous vous sentez dans votre paire de chaussures favorites ou dans votre manteau d’hiver, sont plus importants que la vie et la liberté d’un autre être vivant, sentient ?


mardi 13 mars 2012

[Traduction] Militantisme Vegan Créatif et Non-violent (un Guide du Débutant)


J’ai écrit cet article avec Angel Flinn, qui est directrice d'éducation pour Gentle World —une communauté d’intention végane et organisation à but non lucratif dont l’objectif est d’aider à construire une société plus paisible, en éduquant le public par rapport aux raisons de devenir vegan, les bénéfices du véganisme, et comment faire la transition..

Cet article fut publié initialement le 31 janvier 2012 sur Care2.

-Dan Cudahy, auteur de Unpopular Vegan Essays
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Ces dernières années, l’appel à réduire notre consommation de produits animaux a considérablement augmenté. On trouve une grande diversité parmi les individus et organisations derrière cet appel, de même que les raisons et bénéfices qu’ils soulignent, et la plupart d’entre elles ne sont pas vegan. Cependant, il y a une chose qu’elles ont en commun, elles permettent toutes aux gens d’être vegan plus facilement. En effet, le mouvement s’éloignant de l’utilisation animale s’annonce comme étant peut-être le phénomène social le plus significatif du 21e siècle.


Les blogs de recettes véganes, qui illustrent des techniques innovantes pour préparer une vaste gamme de plats délicieux, satisfaisants, se sont multipliés par centaines, si pas par milliers. Aussi bien le nombre que la variété de produits alimentaires vegans augmentent annuellement dans les restaurants et supermarchés. De nouvelles entreprises véganes ouvrent chaque année, et florissent plus que jamais, notamment les cafés, boulangeries, restaurants, épiceries, magasins de vêtements, boutiques en ligne, et même des centres de retraite et Bread & Breakfasts.

Des diététiciens professionnels, dont le nombre augmente, aident à guider les consommateurs à travers une myriade de livres, blogs, articles et DVDs pour apprendre comment atteindre une santé éclatante à l’aide de régimes alimentaires vegans naturellement sains, et permettent aux consommateurs d’éviter plus facilement que jamais les mauvais choix nutritionnels qui résultent souvent en phénomène de l’« ex-vegan ».

Remarque ; Certains pourraient être surpris de découvrir cela, mais il est de plus en plus reconnu que tous les nutriments requis dans le corps humain peuvent être obtenus de sources non-animales, ce qui comprend plein de protéines, fer, calcium, vitamine D, vitamine B12, et acides gras tel que l’Omega et huiles DHA. Si il y avait une quelconque carence dans les régimes vegans bien planifiés, les très conservatrices Association Américaine de Diététique, Association Médicale Américaine, et autres organisations scientifiques le feraient immédiatement savoir sur tous les toits.

Pour ceux d’entre nous engagés dans le véganisme éthique, il est essentiel de trouver tous nos nutriments de sources non-animales. Bien qu’on trouve des personnes déclarant avoir expérimentés des déficiences nutritionnelles causées par un régime alimentaire végétalien, il semble de plus en plus probable – en regard de l’information à laquelle nous avons accès aujourd’hui – que ces individus n’aient pas été suffisamment informés par rapport à la nutrition d’aliments complets vegans et aux nombreuses options de suppléments nutritionnels, dont la vaste gamme de suppléments alimentaires complets qui deviennent de plus en plus accessibles pour chacun de nous dans le monde développé.

Tandis que les effets environnementaux dévastateurs de l’agriculture animale deviennent de plus en plus apparents, les environnementalistes s’expriment par rapport aux infractions flagrantes de l’industrie envers l’écosystème global, comme la déforestation pour le pâturage, la culture de vastes monocultures destinées à l’alimentation d’animaux, les émissions extrêmement élevées de carbone et autres gaz à effet de serre comme le méthane, le gaspillage négligent d’huile, eau et autres ressources naturelles finies, et la pollution de notre air, eau et sols – alors que cette industrie dégoutante est artificiellement propulsée à l’aide de dizaine de milliards de dollars de subventions gouvernementales.

Du à la popularité croissante des réseaux sociaux, les ressources éducationnelles partagées par les militants dévoués permettent aux gens non-informés de plus facilement être témoins de la cruauté institutionnalisée qui est non seulement parfaitement légale, mais si horrible que la plupart d’entre nous s’en éloignent de détresse, réticents à endurer avec nos yeux ce que des innocents sont forcés d’endurer avec leurs corps.

Et un nombre grandissant de vegans abolitionnistes expliquent et démontrent le simple fait qu’à moins de déplacer le paradigme pour inclure totalement ces êtres sentients dans notre communauté morale en adoptant le véganisme et en rejetant le statut de propriété des animaux, il n’y aura pas de fin au barbarisme socialement accepté qui nous permet de traiter des êtres sentients aussi innocents que nos enfants en tant que marchandises économiques.

Internet, bien qu’encore dominé par les intérêts de grandes corporations, a comparativement démocratisé la capacité des militants à partager l’information. Les blogs, forums et réseaux sociaux ont ouverts des lignes de communication pour le dialogue rationnel parmi les gens ordinaires à un taux de croissance sans précédent depuis l’invention de l’impression.

Dans le passé, certains individus ont pu être tentés ou même obligés de choisir parmi l’éventail de grandes organisations qui profitent de la majorité des fonds disponibles pour le militantisme animal en s’en tenant aux valeurs dominantes avec un message promouvant le bien-être animal ou le végétarisme. Mais aujourd’hui, les individus qui sont fondamentalement concernés par le problème fondamental des droits des animaux sont capables de faire entendre leur voix de manière indépendante.

Vu les opportunités florissantes, les militants peuvent décider et choisir les méthodes et supports qui répondent à leurs talents, personnalités, préférences, et situation géographique. Si vous êtes un extraverti grégaire dans une ville ou banlieue qui aime discuter avec les gens en rue, vous pourriez bien faire en organisations des tables d’information dans un festival ou un stand de rue avec muffins ou amuse-gueules.

Si vous êtes confiant en votre capacité à préparer d’incroyables plats, vous pourriez aimer organiser une démonstration de cuisine végane chez vous ou ailleurs, ou des diners vegan ou des repas-partage en suggérant aux invités qu’ils invitent un ami qui est intéressé d’en apprendre plus sur le véganisme.

Ou, si vous êtes un introverti qui traverserait plutôt la rue que de discuter avec des personnes que vous ne connaissez pas, le bloggage, vloggage (blog video), et le militantisme sur les réseaux sociaux seront probablement votre moyen préféré. (Ceux parmi nous qui vivent dans une zone rurale trouvent cela souvent plus facile et bien plus efficace d’utiliser les opportunités offertes par internet pour notre militantisme). Pas confiance dans votre capacité d’écriture ? Aucun problème – peut-être pouvez-vous faire équipe avec un autre militant qui vous inspire, et l’aider à être plus productif en effectuant des recherches ou en écrivant les grandes lignes d’un texte qu’il peaufinera ensuite en un article engageant à publier. Peut-être êtes-vous meilleur dans l’édition que dans l’écriture : vous pourriez trouver quelqu’un qui a besoin d’aide avec cela. La collaboration (avec quelqu’un avec qui vous partager la même approche) peut être un excellent moyen pour aller plus loin et de toucher plus de monde.

Remarque : On trouve certains activistes qui insistent sur le fait que l’éducation face-à-face soit en quelque sorte supérieure à la communication en ligne. Cependant (en l’absence d’études compréhensives), y a-t-il une quelconque raison pour penser que le militantisme en ligne ou hors-ligne soit plus efficace que l’autre ? Il semble que les forces de l’online soient les faiblesses de l’offline et vice versa, mais ni l’un ni l’autre semble être plus efficace que l’alternative. Le plaidoyer hors-ligne, face-à-face, peut souvent être plus personnalisable et ouvert que celui en ligne vu la nature subtile de la communication non-verbale (sans mentionner la puissance indiscutable que la nourriture végane alléchante a sur le consommateur sceptique abritant des peurs imaginaires de dépravation sensorielle provenant de l’élimination des produits animaux). Mais le plaidoyer en ligne – qui travaille à toute heure, chaque jour, pour tous ceux qui comprennent la langue – peut toucher bien plus de personnes, souvent par quelques ordres de grandeur.

Plus important que le lieu ou le moyen utilisé pour le plaidoyer, cependant, est la qualité du contenu. Une excellente nourriture végane, un message vegan fort, et la convivialité et le charisme feront de toute évidence bien mieux lors d’un stand à un festival qu’une nourriture fade ou peu attrayante, un message de compromis, et une attitude de médiocrité, d’agression ou de jugement. Et de bonnes photos, des recettes véganes formidables, et un texte bien recherché, convaincant feront mieux en ligne – tous les autres facteurs étant égaux – qu’un contenu de moins bonne qualité.

Enfin, la qualité signifie savoir quoi ne pas promouvoir. Encourager l’achat de produits animaux étant prétendument produits de ’manière éthique’ (plein air, au sol, organique, élevé humainement, nourri à l’herbe, bio, etc) ne sert seulement qu’à renforcer la croyance traditionnelle, générale qu’il est moralement acceptable d’utiliser d’autres animaux comme ressources pour la consommation humaine.

On peut dire la même chose pour le message confus et déroutant généré par la promotion d’un régime alimentaire lacto-ovo végétarien, qui ignore la violence inhérente dans la production de lait et œufs (sans mentionner le barbarisme impliqué dans la production d’autres produits animaux, ce qui inclut l’habillement et les cosmétiques), comme si ces industries tout aussi brutales devraient d’une certaine manière être dispensées de l’examen moral par ceux qui voient la production de viande comme une forme intolérable d’injustice.

Le fait est qu’aucun d’entre nous n’a besoin de produits animaux dans nos vies. Nous exploitons les animaux et consommons les produits de leurs corps par plaisir, amusement, commodité, et tradition aveugle – toutes des raisons triviales pour rationnaliser la brutalité d’une exploitation dispensable. Malheureusement, peu importe ce que nous disons ou si nous le disons correctement, le fait est que la plupart des gens ne se dirigeront pas vers le véganisme simplement en entendant notre message. Cependant, en tant que militants, le véganisme est le message que nous devrions promouvoir exclusivement et sans équivoque. Le reste – promouvoir le végétarisme, ou la consommation de produits animaux « humains » -- trahit la vérité fondamentale qui nous amène au véganisme en premier lieu : la compréhension que nous devons mettre un terme à toute l’exploitation si nous voulons aller au-delà de la violence pandémique qui mine notre paradigme culturel actuel.

Il n’est pas rare pour les militants d’être profondément troublé et frustré par l’état de notre société et son attitude renforcée envers les animaux qui ne sont pas humains. Mais le changement social, bien que souvent lent, est souvent imprévisible, sujet aux points de basculement, aux changements de paradigme, et aux révolutions paisibles en attitudes et comportements. En tant que personne militant sans équivoque pour le véganisme généralisé, n’oubliez pas que vous êtes parmi les pionniers doux, forts, et indépendants d’esprit d’un mouvement grandissant, positif, et paisible visant à protéger notre environnement, à améliorer la santé publique et, plus important, à la longue mettre fin à l’acceptation sociale de la violence et de l’injustice infligée aux innocents.

Avec un peu d’effort, de courage, de créativité, et la volonté de partager ce que nous avons appris avec patience, persistance, et compréhension, nous pouvons tous aider les autres à comprendre la signification de ce changement essentiel que nous essayons de mener à bien.

lundi 20 février 2012

[Traduction] Une question de vie et de mort.

 (Traduction de l'article de Dan Cudahy et d'Angel Flinn, "A Matter of Life and Death)

J’ai écrit cet article avec Angel Flinn, qui est directrice d'éducation pour Gentle World —une communauté d’intention végane et organisation à but non lucratif dont l’objectif est d’aider à construire une société plus paisible, en éduquant le public par rapport aux raisons de devenir vegan, les bénéfices du véganisme, et comment faire la transition..

Cet article fut publié initialement le 31 décembre 2011 sur Care2.

-Dan Cudahy, auteur de Unpopular Vegan Essays
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Ces dernières années, le débat par rapport au bien-être des animaux s’est centralisé sur certains cas spécifiques de souffrance flagrante, avec un fort accent sur certaines pratiques et procédés perçus comme causant des douleurs extrêmes, incluant le confinement intensif, les mutilations corporelles, et la torture physique et psychologique.


Cet accent sur des violations spécifiques de bien-être a donné lieu à un phénomène intéressant : l’attention du public a été détournée de la question principale impliquée dans l’exploitation économique d’êtres sentients, qui est la marchandisation de leurs vies mêmes.

En d’autres mots, la direction actuelle du débat a masqué la question fondamentale de savoir s’il est immoral, ou moralement indéfendable, de prendre la vie d’un autre être sentient pour quelque raison que ce soit excepté par autodéfense ou par compassion envers un individu qui souffre gravement d’une maladie en phase terminale ou d’une blessure fatale.

Voilà la raison pour laquelle l’industrie animale se définit elle-même en tant que bastion de ’la mort et du démembrement éthique’. Dans ce nouveau territoire du double langue de l’esclavagisme animal, on attend des consommateurs qu’ils croient aux allégations perverses et plus fréquentes que jamais de ’l’élevage heureux’ ; la prolifération de sites d’exploitation animale dans lesquels les victimes sont si contentes par rapport à leur situation qu’elles offrent joyeusement les produits de leurs corps, et sont ensuite heureuses d’aller vers leur mort au côté de gentils oppresseurs en qui elles ont entièrement confiance.

Mais cet absurde schéma de marketing ne trahit-il pas fondamentalement quelque chose qui est fermement ancré à l’intérieur de chacun d’entre nous – le fait de savoir que les autres animaux, tout comme les animaux humains, tiennent à leur vie et ne veulent pas mourir ?

Mis à part l’exception (pour certaines personnes) de la violence de la guerre, et l’exécution de criminels violents réputés moralement incorrigibles, la grande majorité d’entre nous est d’accord qu’il est incontestablement immoral de tuer inutilement un membre de notre propre espèce (excepté dans de véritables cas d’euthanasie, ce qui est une question hautement sensible et reste illégal dans la plus grande partie du monde).

Nous considérons le fait de tuer des humains comme étant immoral peu importe les capacités cognitives individuelles, la capacité morale, la santé mentale, le sexe, la race, la nationalité, l’âge ou l’orientation sexuelle. Ca n’a pas d’importance si la personne en question est en phase terminale de démence, malade psychologiquement, gravement attardée ou un génie de productivité – nous croyons que c’est sérieusement immoral dans tous les cas. Si nous considérons un cas comme étant particulièrement grave, c’est souvent dû à la vulnérabilité de l’individu, pas aux caractéristiques mentales ou morales qu’il ou elle pourrait posséder.

Par contraste, la majorité d’entre nous agit comme s’il n’y avait absolument rien d’immoral par rapport à l’abattage inutile d’un membre d’une certain autre espèce d’êtres sentients. Mais quelle base rationnelle avons-nous pour une telle contradiction dans notre perception ? Quelle qualité trouve-t-on dans tous et seulement les humains qui pourrait possiblement pointer vers la conclusion que les vies des autres animaux ne sont pas importantes ?

L’intelligence ou la capacité morale comme critère rendraient les vies de millions d’humains (comme certains individus souffrant de démence, les handicapés mentaux, et les nourrissons) également extensibles. Parmi les humains et les animaux non-humains, les traits tel que l’intelligence et la capacité morale existent dans une continuité se chevauchant, rendant arbitraire toute délimitation par rapport à la question.

Mais même si il y avait seuil distinct par rapport à certains critères tel que l’intelligence ou la capacité morale, est-ce que cela aurait de l’importance lorsqu’il s’agit de l’intérêt d’une existence continue et de ne pas être tué inutilement ? Lorsque nous nous arrêtons et y réfléchissons, une telle distinction n’aurait pas la moindre importance. C’est parce que, tout comme les yeux sont suffisants pour un intérêt à continuer à voir, et les oreilles sont suffisantes pour un intérêt à continuer à entendre, la sentience seule – la capacité à expérimenter sa propre vie – est suffisante pour un intérêt à une existence continue.

Il fut suggéré par certains qu’un concept de mort, de plans pour le futur, ou un intérêt à une certaine forme d’activité continue est nécessaire pour un intérêt à continuer à vivre. Mais encore une fois, si c’était le cas, comme expliqué ci-dessus, beaucoup d’humains n’auraient pas non plus d’intérêt à une existence continue.

Note : une analogie à un contrat légal est utile pour expliquer pourquoi la sentience seule, plutôt que n’importe quelle conception du futur, est le critère nécessaire et suffisant. Les contrats légaux sont souvent complexes et contiennent des termes et significations inconnues pour les personnes qui ne sont pas juristes. Suggérer qu’un individu doive comprendre conceptuellement le futur afin d’avoir un intérêt à une existence future revient à suggérer qu’une partie par rapport à contrat doive comprendre conceptuellement une clause nuisible afin de ne pas lésé par cette clause. Mais nous savons que nous pouvons être lésés par des clauses dans des contrats légaux que nous ne comprenions pas en signant le contrat. De manière similaire, il est évident que les non-humains sentients (tout comme les humains sentients de capacité mentale limitée) peuvent être lésés en étant abattus même s’ils n’ont pas une compréhension de leur futur ou de leur mort en tant que question abstraite, conceptuelle.

En fait, ne serait-il pas juste de dire qu’une mort prématurée des mains d’un autre est, avec la possible exception de grave torture, l’infliction ultime du préjudice ? Même une mort rapide et réellement sans douleur prive un individu de la chance d’expérimenter sa vie, de n’importe quelle capacité, jamais plus. Il va alors de soi que, si nous pensons que les animaux autre que les humains devraient être protégés de tout mal dispensable, ils devraient être protégés d’un abattage inutile. Puisque les raisons de notre société pour utiliser des animaux sont basées sur la coutume et la commodité, et sont, en fait, toutes inutiles, nous n’avons aucune base sur laquelle justifier la continuation de telles pratiques archaïques et barbares.

Il est aisé de voir que si la mort est néfaste pour les humains sentients, peu importe leur intelligence ou autres capacités, alors elle doit aussi être néfaste pour les non-humains sentients, peu importe leur intelligence ou autre capacités. Lorsque des personnes considérant les vies et les morts humaines comme étant importantes sont prêtes à rejeter l’importance des vies et des morts des animaux non-humains, elles font une distinction arbitraire basée sur un préjugé spéciste, de la même manière que les racistes ou les sexistes rejettent arbitrairement les intérêts importants de groupes minoritaires ou des femmes.

Lorsque nous faisons un effort sincère et honnête pour nous placer dans la position d’un autre être sentient, il est très facile de voir pourquoi nous devrions respecter leur vie, peu importe leur espèce ou autre caractéristique qu’ils possèdent. Comme nous, ils veulent être heureux, en bonne santé, libre de tout préjudice, et profiter de ce qu’ils ont de plus précieux : leur vie même.


samedi 14 janvier 2012

[Traduction] Spécisme et véganisme: transcendant la politique et la religion.


J’ai écrit cet article avec Angel Flinn, qui est directrice d'éducation pour Gentle World —une communauté d’intention végane et organisation à but non lucratif dont l’objectif est d’aider à construire une société plus paisible, en éduquant le public par rapport aux raisons de devenir vegan, les bénéfices du véganisme, et comment faire la transition..

Cet article fut publié initialement le 10 novembre 2011 sur Care2.

-Dan Cudahy, auteur de Unpopular Vegan Essays
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Bien que cela puisse être une surprise pour certains, on trouve des vegans éthiques de toute tendance politique et dans toutes les grandes religions. Le véganisme transcende la politique et la religion car il est basé sur la simple question du rejet d’une forme particulière de préjugé : le spécisme.

Le spécisme, le racisme, le sexisme, et autres préjugés reposent sur un critère moralement impertinent (dans ce cas-ci, l’espèce) comme base pour nier les intérêts d’individus appartenant à un ‘groupe’ différent, même si ces intérêts sont plus significatifs que les nôtres. A ce titre, le spécisme est simplement une forme différente du même mal sous-jacent à la fondation de tous les préjugés. Sur quel critère moralement impertinent nous basons notre préjugé n’a pas vraiment d’importance – le sexe, la race, la couleur de peau, l’âge, l’orientation sexuelle, l’espèce – il est éthiquement immoral d’utiliser un tel critère arbitraire pour nier les droits des autres.

Malgré l’évolution culturelle qui a éloigné l’humanité de la mentalité ‘tuer ou être tué’ des temps préhistoriques, le monde aujourd’hui reste profondément spéciste. Le préjugé extrême de notre spécisme culturel va bien plus loin que le mépris du droit d’un individu à éviter la persécution. Il s’étend jusqu’à l’indifférence absolue du droit à être libre de l’emprisonnement injuste, du tourment mental et émotionnel, de la violence physique extrême sous forme de mutilations et l’infliction de blessure et mort. Possédés en tant que biens de propriété, sans aucune loi pour protéger leurs droits les plus fondamentaux, ceux qui ne sont pas humains sont condamnés à une vie sans protection contre l’oppression brutale et incessante de ceux qui contrôlent leur monde : Nous.

L’exploitation animale est parfaitement légale et socialement acceptable partout dans le monde, malgré l’émergence d’alternatives satisfaisantes à quasiment toutes les utilisations (sans mentionner celles encore à développer, une fois que notre société rejettera nos pratiques spécistes actuelles). Bien qu’il y ait un mouvement grandissant attirant l’attention sur les nombreuses violations brutales de droits régulièrement perpétrées contre les non-humains utilisés pour le profit humain, nous continuons à confiner, blesser et tuer des animaux de tout genre, maintenant des pratiques abusives dispensables, vétustes, pour la production de nourriture, la recherche, la mode, et même le divertissement.

La nature omniprésente de ce préjugé culturel extrême explique pourquoi le spécisme (et la réponse morale appropriée au problème : le véganisme) n'est pas lié à la tendance politique. Bien que les mouvements de justice sociale proviennent généralement de la gauche, il y a des conservateurs politiques qui ont des principes vegan, alors que certains de gauche, malheureusement, continuent de se moquer des questions de droits des animaux. En fait, il est remarquable que la grande majorité de ceux politiquement à gauche choisissent de rester mal informés et d’ignorer délibérément ces questions flagrantes de justice, ce qui inclut leur propre participation dans des pratiques qui seraient justement abhorrées par quiconque en contact avec sa conscience.

Comme c’est le cas en politique, il en est de même pour la religion. Les chrétiens étaient fortement divisés sur la question des esclaves humains en Amérique avant la guerre civile, les partisans de l’esclavagisme utilisant des passages de la bible pour défendre leur droit ‘divin’ de posséder des esclaves. Les opposants à l’esclavagisme citaient d’autres passages de la bible pour faire remarquer que l’esclavagisme était condamné par dieu. Et il en est de même pour les droits des animaux aujourd’hui. Ceux des deux côtés du problème utilisent des passages de textes religieux soit pour justifier l’abattage dispensable, ou pour valider l’éthique végane de non-violence.

Les religions asiatiques n’y font pas exception. Beaucoup des bouddhistes d’aujourd’hui tentent de justifier l’utilisation d’animaux, l’abattage dispensable et le spécisme en pointant les failles dans les diverses écritures contradictoires de l’enseignement de Buddha de la compassion universelle pour tous les êtres sentients. D’autres bouddhistes choisissent plutôt de pratiquer et promouvoir le véganisme comme la réponse rationnelle à l’enseignement bouddhiste de la non-violence. Vraisemblablement, étant été libérés de leur propre spécisme, les bouddhistes vegans sont capables de voir au-delà de telles rationalisations préjugées, et reconnaissent l’autorité supérieure dans la vérité que Bouddha essayait apparemment de transmettre à ses élèves.

(En d’autres mots, si le Bouddha n’était pas un vegan, comme le déclarent certaines personnes, alors il ne vivait pas selon ses propres enseignements, ce qui indique très clairement que le respect de la vie sentiente est un principe fondamental d’une existence spirituelle.)

Dans tous les cas, il est clair que la politique et la religion sont sans rapport avec le rejet de notre préjugé commun contre les autres êtres sentients. Peu importe si on est conservateur, libéral, gauchiste, juif, chrétien, bouddhiste, athée, ou tombons dans toute autre catégorie, nous avons le choix de reconnaître et de rejeter le spécisme culturel sous-jacent que nous avons tous été conditionnés à accepter.

En fait, on pourrait dire qu’une prise de conscience profonde des droits essentiels et besoins de tous les êtres sentients est le terrain d’entente que chacun d’entre nous partage. Malgré nos nombreuses différences et divergences, sous la religion, la politique, la vision du monde, les intérêts, les personnalités, l’apparence, la taille, le sexe, la couleur et même l’espèce, sous tout cela, chacun d’entre nous est composé de chair et de sang. Ou, comme le Bouddha lui-même l’aurait enseigné :

«  Tous les êtres tremblent devant la violence. Tous craignent la mort. Tous aiment la vie. Voyez-vous à travers les autres. Alors qui pouvez-vous blesser ? Quel mal pouvez-vous faire ? »

Dan Cudahy,
Angel Flinn.

lundi 9 janvier 2012

[Traduction] Cruauté animale: qui doit-on blâmer ?

(Traduction de l'article de Dan Cudahy et d'Angel Flinn, "Animal Cruelty: Who is to Blame?")

J’ai écrit cet article avec Angel Flinn, qui est directrice d'éducation pour Gentle World —une communauté d’intention vegan et organisation à but non lucratif dont l’objectif est d’aider à construire une société plus paisible, en éduquant le public par rapport aux raisons de devenir vegan, les bénéfices du véganisme, et comment faire la transition..

Cet article fut publié initialement le 23 septembre 2011 sur Care2.

-Dan Cudahy, auteur de Unpopular Vegan Essays
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Pour bon nombre d’entre nous qui sommes conscients des multiples façons dont les animaux souffrent aux mains des humains tout autour du monde, cette cruauté omniprésente est la question de justice sociale la plus importante d’entre toutes. Du dégriffage au débecquage, du découpage d’oreille à l’écourtage de queue, la souffrance que l’humain inflige aux êtres animaux utilisés pour la nourriture, pour l’habillement, pour la recherche, pour la compagnie et pour le divertissement ne semble pas avoir de limite, et les nombreuses façons brutales avec lesquelles nous forçons les animaux à succomber à nos désirs ne semblent être limitées que par la portée notre imagination.

Mais pourquoi est-ce que toute cette cruauté a-t-elle lieu ? Et que pouvons-nous faire par rapport à cette brutalité horrifiante en tant qu’individus ? Il est facile de pointer du doigt les agresseurs directs de la cruauté animale comme les vilains qui doivent être trainés en justice. Il est bien plus difficile – et pourtant bien plus significatif – de tourner cet œil critique vers soi-même et de se demander, ‘qu’est-ce que je fais pour contribuer à ça ?’ Mais c’est seulement en se posant cette question que le chemin vers l’émancipation de l’injustice barbare devient clair.

La grande majorité du temps, l’argent et les efforts des organisations de bien-être animal sont alloués pour développer de nouvelles lois et de nouveaux règlements pour répondre aux nombreux problèmes distincts relatifs à la cruauté animale, tout en essayant en même temps de forcer l’industrie à adhérer à ceux déjà en place. Comme expliqué dans "Est-ce que les campagnes anti-cruauté sont réellement efficaces ?", ces efforts échouent constamment à créer toute amélioration significative pour les animaux.

Derrière ces campagnes se trouve une hypothèse sous-entendue que l’industrie animale est responsable de la cruauté animale. Mais est-ce que cette hypothèse est justifiée ? L’industrie n’est-elle pas un simple intermédiaire mis en place pour faire le sale boulot demandé par les consommateurs de produits animaux ? Bien qu’il soit vrai que l’industrie animale soit un intermédiaire avide et agressif, son rôle est seulement celui d’un intermédiaire. De là, bien que les exploitants institutionnalisés aient certainement à répondre de leurs actes, ce sont les consommateurs qui sont principalement responsable de la cruauté animale via leurs achats de produits animaux.

Beaucoup de personnes répondront probablement que leur inquiétude n’a rien à voir avec les droits des animaux à ne pas être réduit en esclavage et tué, mais bien avec la brutalité excessive de l’industrie animale ; la violence gratuite par exemple, et la cruauté qui est infligée aux animaux avant d’être abattus et massacrés – débecquage, écornage, rognage des orteils, mulesing, castration, ablation de la queue, etc. Mais aussi longtemps que notre société continuera à traiter les animaux en tant que propriétés et marchandises économiques, notre système législatif continuera à accepter ce genre de mutilations comme un mal nécessaire pour fournir des biens et services à une population humaine grandement indifférente à ce qui est caché derrière les hangars et abattoirs lointains.

De toute façon, même si nous trouvions un moyen d’éliminer toute pratique impliquant des mutilations physiques, il est impossible de faire de l’esclavagisme et du meurtre autre chose que l’esclavagisme et du meurtre. Nous pouvons apposer des étiquettes fantaisistes sur les produits de la misère animale et les mettre en vente comme « élevé humainement », « compassion pour l’animal », « produit éthique » ou « sans culpabilité », mais l’abattage inutile reste l’abattage inutile, et aucune mesure de réglementation ne peut changer cela.

Il est compréhensible que des histoires individuelles de souffrance horrible donnent envie aux gens de rechercher les  responsables, de les trainer en justice, et de protéger les victimes potentielles du même traitement. Mais pointer du doigt les exploitants institutionnels ignore le problème fondamental – que peu importe ce que le fournisseur fait en cours de route, la consommation de produits animaux requiert qu’on prenne la vie des animaux.

Comment pouvons-nous espérer une attitude moralement décente des gens à qui l’on demande de mener à bien la tâche de mettre au monde, enfermer et au final tuer et massacrer les animaux que nous choisissons de réduire en esclavage et de manger ? Ce sont des êtres innocents que la plupart des gens préfèreraient plus tôt caresser et câliner plutôt que leur faire mal et les tuer.

Il y a quelque chose de très injuste à propos du fait que nous déléguions le travail le plus obscène de notre société à un certain nombre de personnes assez fortes mentalement pour le mener à bien, pour ensuite les dénigrer par rapport à leur déconnexion de leur sens naturel de l’empathie. Quand on y réfléchit honnêtement, la plupart d’entre nous auraient beaucoup de mal si nous devions abattre un animal – ou arracher sa peau, ou découper son corps pour en enlever les entrailles, ou de taillader sa chair pour en faire des pièces de supermarché… Et pourtant, nous continuons à demander aux autres de le faire à notre place, alors que la plupart des gens refusent de simplement regarder cela en vidéo ou d’écouter d’autres personnes le décrire.

Mais  notre dégout envers les êtres impliqués dans des actes si violents n’est pas quelque chose qui devrait être étouffé ou supprimé, comme Michael Pollan ou Julie Powell voudraient nous faire croire. Non – nous devrions être reconnaissants de la révulsion que nous ressentons lorsque nous imaginons ce qui arrive aux animaux à partir du moment où ils naissent jusqu’au moment d’arriver dans nos assiettes. Notre horreur est une réaction saine à des pratiques qui ne sont rien de moins qu’horribles.

Nous ne pouvons pas nous séparer de la dépravation simplement parce que nous avons trouvé un moyen d’éloigner les tâches ingrates de notre vue – derrière les murs des abattoirs et autres bâtiments obscurs. Et toute la déconnexion et indifférence dans le monde ne peut pas changer le fait qu’il soit impossible de distinguer l’immoralité d’une approche à la Pollan de l’immoralité de tout autre acte de violence dispensable.

Dans n’importe quelle cour de justice, ceux qui sont complices d’un crime sont considérés tout aussi responsables que ceux qui l’ont exécuté.

Comme exprimé de manière si éloquente par Ralph Waldo Emerson,

“Vous venez de diner, et quand bien-même l’abattoir scrupuleusement dissimulé dans la gracieuse distance des kilomètres, il y a complicité. »

Angel Flinn est directrice de Outreach for Gentle World — une communauté d’intention vegan et organisation à but non lucratif dont l’objectif est d’aider à construire une société plus paisible, en éduquant le public par rapport aux raisons de devenir vegan, les bénéfices du véganisme, et comment faire la transition.


Dan Cudahy est l’auteur de Unpopular Vegan Essays: essais impopulaires concernant la violence populaire infligée aux innocents.