mercredi 21 mars 2012

[Traduction] L'importance d'être vegan

(Traduction de l'article de Dan Cudahy et d'Angel Flinn, "The importance of being vegan)
 
J’ai écrit cet article avec Angel Flinn, qui est directrice d'éducation pour Gentle World —une communauté d’intention végane et organisation à but non lucratif dont l’objectif est d’aider à construire une société plus paisible, en éduquant le public par rapport aux raisons de devenir vegan, les bénéfices du véganisme, et comment faire la transition..

Cet article fut publié initialement le 8 juillet 2011 sur Care2.

-Dan Cudahy, auteur de Unpopular Vegan Essays

"Si un homme aspire à une vie juste, il doit commencer par s'abstenir de faire du mal aux animaux.”

Leo Tolstoy



Intellectuellement, la plupart d’entre nous s’accordent qu’infliger un mal dispensable est injustifié – que les victimes soient humaines ou pas. Et pourtant, la plupart des mêmes personnes qui souscrivent à cette croyance sont prêtes à fermer les yeux en regard d’un tel préjudice lorsqu’elles perçoivent elles-mêmes une sorte d’avantage à cela – que les bénéfices soient sous forme de nourriture, de possessions, de vanité ou d’amusement.

Malheureusement, puisque la violence généralisée envers les animaux sous forme d’ « agriculture », de « recherche » et même de « divertissement », est acceptée par la société dominante et ses systèmes légaux, la majorité des gens ont tendance à refuser de voir cette brutalité pour ce qu’elle est, et de sortir du conditionnement persuasif qui rend possible ce genre d’atrocités.

Il est vrai que de plus en plus de personnes commencent à s’exprimer par rapport aux nombreux abus odieux qui se produisent dans l’industrie animale, et le mouvement pour « améliorer les conditions » de ces animaux continue de gagner en popularité. Et pourtant, chacune des horribles pratiques contre lesquelles les militants des animaux protestent passionnément – confinement intensif, insémination forcée, séparation de mère et enfant, castration, écornage, débecquage, mulesing, dégriffage, brûlures à vif, mue forcée – toutes ces horribles procédures, et bien d’autres, existent parce qu’un nombre toujours croissant de consommateurs humains continue de créer de la demande pour des produits animaux. Pour une industrie qui voit des êtres sentients comme des unités économiques – des machines à engranger l’argent – il est inévitable qu’une telle violence sera considérée comme un moyen acceptable en vue de fournir des produits qui créent un bénéfice.

Dans tous les cas, même si chacune des pratiques mentionnées plus haut étaient abolies, cela resterait immoral et inexcusable d’utiliser d’autres êtres sentients comme ressources. Dans le monde d’aujourd’hui, les alternatives véganes sont disponibles pour chaque usage significatif pour lequel nous utilisons actuellement des animaux*. Un nombre grandissant de personnes adoptent le véganisme comme solution aux problèmes que nous expérimentons en tant qu’individus et en tant que société – de nos nombreux problèmes de santé, à l’urgence environnementale, en passant par le problème de violence croissante – tous nous faisant craindre pour le futur dans une certaine mesure.

*NB: Bien que des produits animaux soient utilisés pour certains objets pour lesquels on ne trouve pour l’instant pas d’alternatives de consommation – comme les ordinateurs et les pneus de voiture – il y a des alternatives qui pourraient être facilement utilisées dans leur fabrication.

Au fur et à mesure que ce mouvement pour l’émancipation animale croit en taille et force, un exemple fort est montré par les individus qui refusent de prendre quelque part que ce soit à l’oppression brutale d’innocents dans ce que nous appelons « industrie animale ». Des hommes et des femmes, partout dans le monde, simplement en vivant en tant que vegan(e)s, démontrent qu’il n’y a aucune justification morale au mal que nous infligeons aux animaux.

Certains pourraient tenter de justifier la consommation de produits animaux pour des raisons de santé. Et pourtant, un nombre croissant de professionnels de la médecine commencent à réaliser que non seulement les régimes alimentaires végétaliens sont nutritionnellement complets, mais qu’ils sont en réalité plus nourrissants et bien moins néfastes que leurs homologues à base d’animaux. En outre, le public commence à réaliser que bon nombre des dangers associés au régime alimentaire – maladie du cœur, cancer, attaques cardiaques, obésité, diabète, et bien d’autres – sont exacerbés par la consommation de produits animaux, et peuvent en réalité être évités en adoptant un régime alimentaire vegan.

Selon la plus grande organisation mondiale sur l’alimentation et des professionnels en nutrition, l’association américaine de diététique (AAD) :

« ... les  alimentations    végétariennes    bien conçues  (y  compris  végétaliennes) sont bonnes pour la santé, adéquates sur  le  plan  nutritionnel  et  peuvent être bénéfiques pour la prévention et le traitement de certaines maladies… Les    alimentations    végétariennes bien conçues sont appropriées à tous les âges de la vie, y compris pendant la  grossesse,  l’allaitement,  la  petite enfance,  l’enfance  et  l’adolescence, ainsi que pour les sportifs. »

En d’autres mots, la position officielle de la – très conservatrice – AAD est que inclure des produits animaux dans son régime alimentaire n’est non seulement pas nécessaire, mais peut en réalité être nocif pour notre santé.

Quid de nos autres utilisations d’animaux ? Le cuir, la laine, la soie, la fourrure, les produits de toilette, les cosmétiques, le divertissement, le sport, la grande majorité de notre expérimentation, tout cela n’est clairement pas nécessaire selon tout concept cohérent du mot « nécessaire », vu qu’on trouve des alternatives véganes pour tout cela.

Le véganisme n’est pas une philosophie marginale : c’est un fondement moral qui est compatible avec les croyances que la plupart d’entre nous ont déjà. Le véganisme revient simplement à s’abstenir de participer à l’utilisation dispensable et préjudiciable d’êtres sentients. Vu que la plupart d’entre nous sont naturellement opposés à la violence dispensable, devenir et rester vegan n’est pas une question de changer une quelconque conviction morale. Cela requiert tout simplement de nous que nous soyons prêts à changer les habitudes que nous avons développées qui nous empêchent de vivre selon nos principes. Chacun(e) d’entre nous a été conditionné(e) par la propagande d’une société hautement spéciste, une culture mondiale qui est extrêmement préjudiciée contre les intérêts de ces animaux qui n’ont pas eu la chance de venir au monde sur cette planète sous une forme humaine. Et pourtant, chacun(e) d’entre nous a le pouvoir de se libérer de cet endoctrinement. Devenir vegan est simplement reconnaître et admettre qui nous sommes vraiment, c’est l’opportunité de devenir ce que nous serions si personne ne nous avait appris qu’il est normal de tourner le dos aux besoins et aux droits de nos frères animaux, qu’il est normal d’ignorer leur douleur si cela nous apporte du plaisir.

Est-ce que le véganisme est un sacrifice ? Pas du tout. Au contraire, c’est le choix de chacun des non-vegans qui sacrifie notre propre bonté intérieure. Une fois que vous prenez la décision de vivre en accord avec vos valeurs, les récompenses, sous forme d’un corps plus sain, d’un esprit plus clair, et d’une conscience plus paisible, seront à la fois profondément apparentes et une source de joie continue.

Et même si le véganisme nous demande d’abandonner certains de nos plats favoris, vêtements adorés, et habitudes chéries, est-ce que cela a vraiment de l’importance ? L’institution de l’esclavagisme et le traitement d’êtres sentients en tant que « choses »,  qu’ils soient humains ou non-humains, sont intrinsèquement et gravement injustes. Les changements que nous demande le véganisme, et les avantages que nous apporte le véganisme, sont sans rapport avec la véritable question morale :

Est-ce que le gout d’une nourriture particulière, ou la manière dont vous vous sentez dans votre paire de chaussures favorites ou dans votre manteau d’hiver, sont plus importants que la vie et la liberté d’un autre être vivant, sentient ?


mardi 13 mars 2012

[Traduction] Militantisme Vegan Créatif et Non-violent (un Guide du Débutant)


J’ai écrit cet article avec Angel Flinn, qui est directrice d'éducation pour Gentle World —une communauté d’intention végane et organisation à but non lucratif dont l’objectif est d’aider à construire une société plus paisible, en éduquant le public par rapport aux raisons de devenir vegan, les bénéfices du véganisme, et comment faire la transition..

Cet article fut publié initialement le 31 janvier 2012 sur Care2.

-Dan Cudahy, auteur de Unpopular Vegan Essays
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Ces dernières années, l’appel à réduire notre consommation de produits animaux a considérablement augmenté. On trouve une grande diversité parmi les individus et organisations derrière cet appel, de même que les raisons et bénéfices qu’ils soulignent, et la plupart d’entre elles ne sont pas vegan. Cependant, il y a une chose qu’elles ont en commun, elles permettent toutes aux gens d’être vegan plus facilement. En effet, le mouvement s’éloignant de l’utilisation animale s’annonce comme étant peut-être le phénomène social le plus significatif du 21e siècle.


Les blogs de recettes véganes, qui illustrent des techniques innovantes pour préparer une vaste gamme de plats délicieux, satisfaisants, se sont multipliés par centaines, si pas par milliers. Aussi bien le nombre que la variété de produits alimentaires vegans augmentent annuellement dans les restaurants et supermarchés. De nouvelles entreprises véganes ouvrent chaque année, et florissent plus que jamais, notamment les cafés, boulangeries, restaurants, épiceries, magasins de vêtements, boutiques en ligne, et même des centres de retraite et Bread & Breakfasts.

Des diététiciens professionnels, dont le nombre augmente, aident à guider les consommateurs à travers une myriade de livres, blogs, articles et DVDs pour apprendre comment atteindre une santé éclatante à l’aide de régimes alimentaires vegans naturellement sains, et permettent aux consommateurs d’éviter plus facilement que jamais les mauvais choix nutritionnels qui résultent souvent en phénomène de l’« ex-vegan ».

Remarque ; Certains pourraient être surpris de découvrir cela, mais il est de plus en plus reconnu que tous les nutriments requis dans le corps humain peuvent être obtenus de sources non-animales, ce qui comprend plein de protéines, fer, calcium, vitamine D, vitamine B12, et acides gras tel que l’Omega et huiles DHA. Si il y avait une quelconque carence dans les régimes vegans bien planifiés, les très conservatrices Association Américaine de Diététique, Association Médicale Américaine, et autres organisations scientifiques le feraient immédiatement savoir sur tous les toits.

Pour ceux d’entre nous engagés dans le véganisme éthique, il est essentiel de trouver tous nos nutriments de sources non-animales. Bien qu’on trouve des personnes déclarant avoir expérimentés des déficiences nutritionnelles causées par un régime alimentaire végétalien, il semble de plus en plus probable – en regard de l’information à laquelle nous avons accès aujourd’hui – que ces individus n’aient pas été suffisamment informés par rapport à la nutrition d’aliments complets vegans et aux nombreuses options de suppléments nutritionnels, dont la vaste gamme de suppléments alimentaires complets qui deviennent de plus en plus accessibles pour chacun de nous dans le monde développé.

Tandis que les effets environnementaux dévastateurs de l’agriculture animale deviennent de plus en plus apparents, les environnementalistes s’expriment par rapport aux infractions flagrantes de l’industrie envers l’écosystème global, comme la déforestation pour le pâturage, la culture de vastes monocultures destinées à l’alimentation d’animaux, les émissions extrêmement élevées de carbone et autres gaz à effet de serre comme le méthane, le gaspillage négligent d’huile, eau et autres ressources naturelles finies, et la pollution de notre air, eau et sols – alors que cette industrie dégoutante est artificiellement propulsée à l’aide de dizaine de milliards de dollars de subventions gouvernementales.

Du à la popularité croissante des réseaux sociaux, les ressources éducationnelles partagées par les militants dévoués permettent aux gens non-informés de plus facilement être témoins de la cruauté institutionnalisée qui est non seulement parfaitement légale, mais si horrible que la plupart d’entre nous s’en éloignent de détresse, réticents à endurer avec nos yeux ce que des innocents sont forcés d’endurer avec leurs corps.

Et un nombre grandissant de vegans abolitionnistes expliquent et démontrent le simple fait qu’à moins de déplacer le paradigme pour inclure totalement ces êtres sentients dans notre communauté morale en adoptant le véganisme et en rejetant le statut de propriété des animaux, il n’y aura pas de fin au barbarisme socialement accepté qui nous permet de traiter des êtres sentients aussi innocents que nos enfants en tant que marchandises économiques.

Internet, bien qu’encore dominé par les intérêts de grandes corporations, a comparativement démocratisé la capacité des militants à partager l’information. Les blogs, forums et réseaux sociaux ont ouverts des lignes de communication pour le dialogue rationnel parmi les gens ordinaires à un taux de croissance sans précédent depuis l’invention de l’impression.

Dans le passé, certains individus ont pu être tentés ou même obligés de choisir parmi l’éventail de grandes organisations qui profitent de la majorité des fonds disponibles pour le militantisme animal en s’en tenant aux valeurs dominantes avec un message promouvant le bien-être animal ou le végétarisme. Mais aujourd’hui, les individus qui sont fondamentalement concernés par le problème fondamental des droits des animaux sont capables de faire entendre leur voix de manière indépendante.

Vu les opportunités florissantes, les militants peuvent décider et choisir les méthodes et supports qui répondent à leurs talents, personnalités, préférences, et situation géographique. Si vous êtes un extraverti grégaire dans une ville ou banlieue qui aime discuter avec les gens en rue, vous pourriez bien faire en organisations des tables d’information dans un festival ou un stand de rue avec muffins ou amuse-gueules.

Si vous êtes confiant en votre capacité à préparer d’incroyables plats, vous pourriez aimer organiser une démonstration de cuisine végane chez vous ou ailleurs, ou des diners vegan ou des repas-partage en suggérant aux invités qu’ils invitent un ami qui est intéressé d’en apprendre plus sur le véganisme.

Ou, si vous êtes un introverti qui traverserait plutôt la rue que de discuter avec des personnes que vous ne connaissez pas, le bloggage, vloggage (blog video), et le militantisme sur les réseaux sociaux seront probablement votre moyen préféré. (Ceux parmi nous qui vivent dans une zone rurale trouvent cela souvent plus facile et bien plus efficace d’utiliser les opportunités offertes par internet pour notre militantisme). Pas confiance dans votre capacité d’écriture ? Aucun problème – peut-être pouvez-vous faire équipe avec un autre militant qui vous inspire, et l’aider à être plus productif en effectuant des recherches ou en écrivant les grandes lignes d’un texte qu’il peaufinera ensuite en un article engageant à publier. Peut-être êtes-vous meilleur dans l’édition que dans l’écriture : vous pourriez trouver quelqu’un qui a besoin d’aide avec cela. La collaboration (avec quelqu’un avec qui vous partager la même approche) peut être un excellent moyen pour aller plus loin et de toucher plus de monde.

Remarque : On trouve certains activistes qui insistent sur le fait que l’éducation face-à-face soit en quelque sorte supérieure à la communication en ligne. Cependant (en l’absence d’études compréhensives), y a-t-il une quelconque raison pour penser que le militantisme en ligne ou hors-ligne soit plus efficace que l’autre ? Il semble que les forces de l’online soient les faiblesses de l’offline et vice versa, mais ni l’un ni l’autre semble être plus efficace que l’alternative. Le plaidoyer hors-ligne, face-à-face, peut souvent être plus personnalisable et ouvert que celui en ligne vu la nature subtile de la communication non-verbale (sans mentionner la puissance indiscutable que la nourriture végane alléchante a sur le consommateur sceptique abritant des peurs imaginaires de dépravation sensorielle provenant de l’élimination des produits animaux). Mais le plaidoyer en ligne – qui travaille à toute heure, chaque jour, pour tous ceux qui comprennent la langue – peut toucher bien plus de personnes, souvent par quelques ordres de grandeur.

Plus important que le lieu ou le moyen utilisé pour le plaidoyer, cependant, est la qualité du contenu. Une excellente nourriture végane, un message vegan fort, et la convivialité et le charisme feront de toute évidence bien mieux lors d’un stand à un festival qu’une nourriture fade ou peu attrayante, un message de compromis, et une attitude de médiocrité, d’agression ou de jugement. Et de bonnes photos, des recettes véganes formidables, et un texte bien recherché, convaincant feront mieux en ligne – tous les autres facteurs étant égaux – qu’un contenu de moins bonne qualité.

Enfin, la qualité signifie savoir quoi ne pas promouvoir. Encourager l’achat de produits animaux étant prétendument produits de ’manière éthique’ (plein air, au sol, organique, élevé humainement, nourri à l’herbe, bio, etc) ne sert seulement qu’à renforcer la croyance traditionnelle, générale qu’il est moralement acceptable d’utiliser d’autres animaux comme ressources pour la consommation humaine.

On peut dire la même chose pour le message confus et déroutant généré par la promotion d’un régime alimentaire lacto-ovo végétarien, qui ignore la violence inhérente dans la production de lait et œufs (sans mentionner le barbarisme impliqué dans la production d’autres produits animaux, ce qui inclut l’habillement et les cosmétiques), comme si ces industries tout aussi brutales devraient d’une certaine manière être dispensées de l’examen moral par ceux qui voient la production de viande comme une forme intolérable d’injustice.

Le fait est qu’aucun d’entre nous n’a besoin de produits animaux dans nos vies. Nous exploitons les animaux et consommons les produits de leurs corps par plaisir, amusement, commodité, et tradition aveugle – toutes des raisons triviales pour rationnaliser la brutalité d’une exploitation dispensable. Malheureusement, peu importe ce que nous disons ou si nous le disons correctement, le fait est que la plupart des gens ne se dirigeront pas vers le véganisme simplement en entendant notre message. Cependant, en tant que militants, le véganisme est le message que nous devrions promouvoir exclusivement et sans équivoque. Le reste – promouvoir le végétarisme, ou la consommation de produits animaux « humains » -- trahit la vérité fondamentale qui nous amène au véganisme en premier lieu : la compréhension que nous devons mettre un terme à toute l’exploitation si nous voulons aller au-delà de la violence pandémique qui mine notre paradigme culturel actuel.

Il n’est pas rare pour les militants d’être profondément troublé et frustré par l’état de notre société et son attitude renforcée envers les animaux qui ne sont pas humains. Mais le changement social, bien que souvent lent, est souvent imprévisible, sujet aux points de basculement, aux changements de paradigme, et aux révolutions paisibles en attitudes et comportements. En tant que personne militant sans équivoque pour le véganisme généralisé, n’oubliez pas que vous êtes parmi les pionniers doux, forts, et indépendants d’esprit d’un mouvement grandissant, positif, et paisible visant à protéger notre environnement, à améliorer la santé publique et, plus important, à la longue mettre fin à l’acceptation sociale de la violence et de l’injustice infligée aux innocents.

Avec un peu d’effort, de courage, de créativité, et la volonté de partager ce que nous avons appris avec patience, persistance, et compréhension, nous pouvons tous aider les autres à comprendre la signification de ce changement essentiel que nous essayons de mener à bien.

mardi 6 mars 2012

[Traduction] Mythes populaires par rapport à l'abolitionnisme démystifiés.

(Traduction de l'article de Rob Johnson et Professeur Corey Lee Wrenn, "Popular myths about abolitionism debunked", paru dans le 3e numéro de The Abolitionist)
Les fausses idées par rapport à l’abolitionnisme sont abondantes et méritent d’être appréhendées de manière critique ; cependant, ces discussions se concentrent principalement sur le véganisme, la réalité de l’utilisation des animaux non-humains, et l’importance des droits. Vu que l’approche abolitionniste croît en popularité, elle a remis en question les idéologies dominantes dans le mouvement des droits des animaux non-humains. Par conséquence, beaucoup de vegans perpétuent des contre-vérités par rapport à l’abolitionnisme justifiant une brève réponse de clarification.



« Une société plus aimable peut créer une société plus sensible au véganisme »

Certaines personnes clament que les réformes de bien-être aident à créer une société « plus aimable » et donc nous rapprochent plus du véganisme. Pourtant, on oublie de réaliser que l’utilisation des animaux non-humains est intrinsèquement violente et qu’aucune quantité de réforme ne peut significativement compenser cette réalité. La violence inhérente de l’exploitation est en réalité une barrière importante à l’accroissement de l’ « amabilité ». Par exemple, une étude récente a montré que la présence d’un abattoir dans une communauté est liée à une augmentation de crimes brutaux. (1)


D’un autre côté, les propriétaires d’exploitations moins intensives pourraient penser être parfaitement aimables malgré le fait qu’ils bâtissent un moyen de subsistance basé sur l’exploitation systématique d’animaux non-humains. Beaucoup de fermiers se décrivent comme bénévoles et croient qu’ils veillent aux meilleurs intérêts de leurs propriétés non-humaines. Ils pensent avoir un bon élevage et un gardiennage responsable. En réalité, l’histoire dispose de nombreux exemples de personnes pourtant aimables agissant de concert pour faire des choses atroces. Par exemple, la politique d’aide étrangère américaine a en réalité exacerbé l’inégalité globale et favorisé la dépendance du tiers-monde et l’ethnocentrisme. L’amabilité ne détruit pas nécessairement le capitalisme, elle n’éradique pas la pauvreté, et elle ne remet pas vraiment en question le spécisme. Le changement significatif provient de la promotion d’un changement de compréhension et de paradigme ; pas en augmentant le « facteur d’amabilité » subjectif et impossible à mesurer.


La plupart des gens sont d’accord avec le fait que les non-humains ont un intérêt à éviter la souffrance inutile ; en effet, beaucoup de personnes se considèrent comme des « amoureux des animaux ». Cependant, les normes sociales obscurcissent l’inconsistance de nos croyances et attitudes. Nous avons besoin d’un changement significatif de paradigme qui élimine l’inconsistance entre nos préoccupations pour les animaux non-humains et l’utilisation continue inutile qu’on fait d’eux. Une société ‘plus aimable’ sera tout aussi ignorante par rapport aux intérêts des animaux non-humains sans un tel changement de paradigme.


“L’abolitionnisme est fondamentaliste”


Beaucoup cataloguent l’abolitionnisme comme étant fondamentaliste, mais ce n’est pas nécessairement négatif. Dans de nombreux cas d’immoralité, une opposition fondamentale est nécessaire. Nous ne sommes par exemple pas dans l’erreur en ayant la position que le viol ou le meurtre sont fondamentalement immoraux, l’abolitionnisme n’est pas dans l’erreur en ayant la position que l’utilisation d’animaux non-humains est fondamentalement immorale. En effet, une question morale où on ne trouve pas de réponse fondamentalement juste est une rareté.


“Les campagnes ciblées peuvent fonctionner et aider l’éducation végane.”


Il est utile de clarifier la différence entre les problèmes uniques et les campagnes ciblées. Les problèmes uniques impliquent de tirer parti d’un problème particulier, souvent populaire, afin d’aborder la question plus fondamentale du véganisme et de l’abolition. Un exemple est la fameuse lettre de Gary Francione au Philadelphia Daily News qui utilisa l’intérêt du public pour le cas de combats de chien organisés par Michael Vick, afin d’attirer l’attention sur l’utilisation sociétale problématique des animaux non-humains dans son entièreté (2). Les campagnes ciblées, cependant, entraînent une implication continue par rapport à un problème unique qui aborde rarement, si jamais, le problème de fond de l’utilisation des animaux non-humains. Un exemple est la campagne de VIVA! pour protéger les kangourous. VIVA! nous demande de les aider dans leur croisade visant à interdire les produits provenant du kangourou dans l’Union Européenne, mais n’aborde pas le système d’oppression subjuguant les kangourous et tous les autres animaux non-humains. Et on ne trouve aucune mention du véganisme, partie intégrante d’un changement sérieux et durable pour les non-humains. Les abolitionnistes sont d’accord qu’utiliser un problème unique peut être utile pour attirer l’attention et initier une discussion importante, mais les abolitionnistes considèrent la fixation sur un type d’exploitation sans une application explicite, continue, de considération égale envers tous les non-humains comme extrêmement problématique.


Certains déclarent que les campagnes ciblées conservent une utilité car elles pourraient « accrocher » les gens par rapport au véganisme. Elles sont, c’est déclaré, destinées à « accrocher » les gens qui font preuve d’empathie envers le problème et à leur demander de seulement continuer à être contre ce problème unique. Les campagnes ciblées visent également ceux sans véritable intérêt pour la question qui sont donc plus faciles à persuader. On peut voir des exemples dans les campagnes pour bannir la fourrure, mettre fin à la chasse au phoque, et abolir les calèches. Ces campagnes ont tendance à choisir des problèmes qui sont facilement soutenus et se concentrent sur des non-humains qui sont relativement populaires ou « mignons ». Elles visent des problèmes qui sont arbitrairement définis comme significatifs, ignorant généralement les problèmes plus vastes, plus intègres. En faisant cela, elles perpétuent l’idée que les problèmes plus vastes (ex, l’utilisation des animaux non-humains) doivent être ignorés, et que les symptômes (ex : cas spécifiques de l’exploitation des animaux non-humains) sont ce sur quoi nous devons focaliser notre attention.


Cependant, nous pouvons facilement utiliser des problèmes uniques pour interpeler les gens sans avoir à subir les problèmes fatals des campagnes ciblées. Les éducateurs abolitionnistes peuvent initier une discussion démarrant sur la fourrure et immédiatement relier ce problème unique à la solution du véganisme plutôt qu’à la solution de ce problème/campagne unique. Sans un lien au véganisme, se concentrer sur un problème unique ne réussira pas à créer un changement significatif ou durable, car cela n’abordera pas le problème des fondations structurelles qui perpétuent ces problèmes uniques. De manière similaire, une promotion de ces campagnes implique une promotion de l’idée que l’utilisation animale en soi n’est pas problématique et qu’un changement de paradigme n’est pas la réponse souhaitée. Cela renforce l’idéologie maintenant que le véganisme n’est pas nécessaire, donc elles ne peuvent pas être vues comme une approche travaillant main dans la main avec l’éducation végane. Elles se sapent mutuellement.


“Division, division, division…”


Si vous militez pour les intérêts des animaux non-humains (qui n’ont pas droit à la parole dans le débat) et pensez qu’une approche qui déclare que « tout plaidoyer aide » leur fait du tort, alors la réponse nécessaire est de causer une division. La division est nécessaire pour mettre une limite entre l’approche viciée et l’approche plus appropriée. Ici, la nouvelle faction grandit avec un regain d’intérêt qui s’oppose au cadre d’action précédemment accepté. Par exemple, les vegans sont sources de division dans la société : ils veulent détruire les normes sociales unifiées qui ferment les yeux sur notre utilisation des animaux non-humains et les rediriger vers celles qui accordent un respect égal aux non-humains. De manière similaire, les abolitionnistes sont sources de division car ils veulent détruire les normes sociales unifiées des réformes de bien-être et de campagnes ciblées. Ces deux formes de division sont vitales si nous voulons aider les animaux non-humains. Critiquer les vegans et les abolitionnistes précisément parce qu’ils sont ‘sources de division’ ne remet pas en cause le spécisme, car cela maintient intacte la hiérarchie humaine sur les non-humains. L’union n’est pas une option si c’est avec une approche connue pour faire des dégâts aux autres.


“L’éducation végane est une approche tout-ou-rien ”


Une raison importante pour laquelle beaucoup de militants se concentrent sur les réformes de bien-être est parce qu’ils assument que cela apporte une avancée incrémentale vers l’abolition de l’utilisation des animaux non-humains. Les recherches inlassables de Gary Francione sur le welfarisme, cependant, ne trouvent aucun fondement appuyant cette affirmation. Par exemple, le welfarisme rend en réalité les gens plus à l’aise par rapport à l’utilisation des animaux non-humains. Donc, le welfarisme a plus de chance d’augmenter, ou au moins de renforcer notre utilisation des non-humains. L’éducation végane apporte un véritable mouvement incrémental vers l’abolition. Le véganisme crée un changement sociétal graduel en déplaçant les gens de la complaisance de l’utilisation des animaux non-humains vers son rejet. L’augmentation graduelle du nombre de vegans est la seule action qui constituerait une véritable avancée incrémentale vers l’abolition de l’utilisation des animaux non-humains.


“On ne peut pas être certain de ce qui fonctionne, donc parfois on devrait choisir le welfarisme”


Peut-être le plus grand mythe sous-entendant l’opposition actuelle à l’abolitionnisme est l’idée que l’abolitionnisme est juste une opinion, donc on ne peut pas être certain que cela fonctionnera. Le changement social ressemble souvent à une boule de neige, gagnant force et vitesse à mesure qu’elle progresse et grandit. Le welfarisme promeut la consommation de produits d’animaux non-humains et ignore largement l’importance du véganisme, bloquant ainsi l’élan dont le véganisme a besoin pour grandir. De manière similaire, les campagnes ciblées ne contribuent en rien à l’élan nécessaire. C’est parce qu’elles différencient arbitrairement une utilisation par rapport à d’autres, dépeignant certaines utilisations d’animaux non-humains comme étant « mauvaises » alors que les autres sont soulignées comme étant plus souhaitables ou carrément ignorées. Cette différenciation est une caractéristique nécessaire d’une campagne recueillant un soutient non-vegan.


Les critiques protestent que nous ne savons pas ce qui fonctionnera, donc nous devons garder un esprit ouvert à toutes les théories et tactiques. Cependant, comme nous l’avons vu, on trouve certains obstacles structurels au changement social. Le welfarisme et militantisme de campagnes ciblées a échoué par le passé et il est peu probable qu’il réussisse dans l’avenir. Ce sont des problèmes structurels, nous savons qu’ils existent. Nous savons ce qui ne fonctionne pas.


L’éducation végane se présente comme un moyen approprié, car elle vise à saper le spécisme ainsi que le rejet de la consommation d’animaux non-humains. Elle est compatible avec le changement social que nous cherchons à atteindre. Nous savons que le véganisme est compatible avec l’abolition de l’utilisation des animaux non-humains, alors pourquoi ne pas donner à l’éducation végane et au discours de libération le soutien dont elle a besoin pour prospérer ?


“Les abolitionnistes pensent qu’il est acceptable que les animaux non-humains souffrent maintenant ”


Parce qu’on pense que les réformes de bien-être ont un impact immédiat dans la réduction de la souffrance des non-humains et parce que l’abolitionnisme s’oppose aux réformes de bien-être, on imagine que les abolitionnistes soutiennent la souffrance continue des non-humains. Rien ne peut être plus éloigné de la réalité. En effet, l’abolitionnisme reconnait que les réformes de bien-être ne rendent pas seulement les gens plus à l’aise par rapport à la consommation de non-humains, mais qu’elles augmentent également la productivité et l’efficacité. Des cages légèrement plus grandes et des méthodes d’étourdissement plus efficaces ne réduisent pas significativement la souffrance d’un individu qui a été exploité pendant l’entièreté de sa vie. Il n’y a aucune raison de supposer qu’un individu gagnerait quoi que ce soit par rapport à une réduction si infime de souffrance dans le grand schéma d’une institution si horrible. Francione utilise souvent l’analogie du rembourrage du siège de torture. Est-ce que cela réduit la souffrance ? Peut-être un petit peu. Est-ce une amélioration significative ? Non. Est-ce que cette réforme pose une remise en question du système que nous visons  à abolir ? Absolument pas.


Vu cette réalité, on ne devrait pas être surpris que les abolitionnistes s’opposent aux efforts welfaristes. Le militantisme welfariste en réalité ne réduit pas la souffrance des animaux non-humains d’une quelconque manière significative. En outre, ces efforts dilapident les précieuses petites ressources et créent l’illusion qu’on s’occupe des intérêts des animaux non-humains. Le welfarisme, donc, ne fait rien pour aider les animaux « là maintenant » mais exacerbe en réalité leurs souffrances. Précisément car nous voulons aider les non-humains « là maintenant », les abolitionnistes s’opposent aux réformes contreproductives et se concentrent à la place sur le véganisme. Le véganisme aide les animaux ‘maintenant’ en réduisant la demande et en créant un changement idéologique indispensable.


“Les abolitionnistes promeuvent un paradoxe – que les gens sont assez intelligents pour voir au-delà du welfarisme, mais assez stupides par rapport au fait que le welfarisme soit la norme sociétale.”


On a critiqué l’abolitionnisme pour avoir eu l’air de présumer que le public est à la fois stupide (se conformant sans esprit critique aux campagnes welfaristes) et intelligent (il peut voir au-delà des campagnes de bien-être et reconnaître que le véganisme et l’abolition de l’utilisation des animaux non-humains sont nécessaires).


Cette dichotomie n’est pas tout à fait exacte. Prenons l’élevage intensif par exemple : on peut dire que la majorité du public est d’accord avec le fait que l’élevage intensif soit problématique, vu les sondages d’opinion publique et les critiques régulières des médias. A de nombreux égards, cela est l’une des campagnes welfaristes les plus réussies qui ait jamais été lancée. Mais cette campagne est menée depuis des dizaines d’années et les ventes de produits d’élevage intensif ne diminuent pas significativement. Pourquoi donc ?


Les campagnes contre l’élevage intensif sont basées sur le dégoût. Elles promeuvent l’horreur et la répugnance de l’élevage intensif pour tenter de convaincre le public de voir cela négativement. Cependant, les organisations welfaristes ne donnent pas de raisons convaincantes pour le boycotter. Donc sur le plan social, les gens déclarent être contre l’élevage intensif, mais ils ne cherchent pas plus que cela à éviter d’acheter des produits d’élevage intensif vu qu’on ne leur a pas donné de raison pour laquelle ils devraient ressentir plus que du dégout. Le dégout est un outil formidable pour polariser l’opinion sociale, mais n’est pas utile pour construire une compréhension personnelle et donc échoue à toucher la majorité des choix et valeurs personnelles des consommateurs.


Si on présente aux gens un message vegan abolitionniste, clair, il n’y a aucune raison pour qu’ils ne le comprennent pas et l’acceptent avec le temps. Malheureusement, les groupes welfaristes présument que le public serait rebuté par un message vegan fort, donc ils incitent les gens à adopter des mesures médiocres comme le végétarisme ou le réformisme. Et vu que le welfarisme reste l’idéologie dominante dans le mouvement, lorsqu’une personne est exposée pour la première fois aux idées de l’exploitation des non-humains, il est probable qu’elle rencontrera en premier cette idéologie confuse. Donc, les abolitionnistes présument que le public est malin, mais que le public est aveuglé par la contre-idéologie welfariste dominante qui est une idéologie de polarisation sociale plutôt que de compréhension et transformation personnelle.


Comme développé par Francione, un ‘welfariste’ est quelqu’un qui promeut des réformes de bien-être ou autres méthodes de réduction de l’exploitation des animaux non-humains et qui évite de promouvoir le véganisme et l’idéologie de libération. Alternativement, ceux qui promeuvent seulement le véganisme et visent l’abolition de l’exploitation des animaux non-humains sont étiquetés comme ‘abolitionnistes’. En outre, un ‘neo-welfariste’ est quelqu’un qui utilise des tactiques welfaristes dans le but de soit abolir l’utilisation des animaux non-humains ou soit la réduire considérablement plus que ce que vise un welfariste.


Il n’y a rien d’insultant par rapport au terme ‘welfariste’ tout comme les termes ‘abolitionniste’ ou ‘vegan’ ne sont pas dignes d’éloge. Ce sont des descriptions qui qualifient des variations de tactiques et buts dans le mouvement des droits des animaux non-humains. L’injure survient car beaucoup veulent réellement voir l’abolition de l’utilisation des animaux non-humains et donc veulent s’appeler ‘abolitionnistes’ malgré leur implication dans des campagnes de régulation du bien-être. C’est l’équivalent de quelqu’un voulant s’appeler ‘vegan’ juste parce qu’il veut abolir les produits d’animaux non-humains de son régime alimentaire : c’est absurde et pas concret. Les étiquettes et termes associés au mouvement des animaux non-humains se réfèrent à des actions mesurables : ceux qui utilisent des tactiques abolitionnistes et promeuvent le véganisme sont ‘abolitionnistes’ ; ceux qui se concentrent sur des réformes et campagnes ciblées sont ‘welfaristes’ ; et ceux qui s’engagent dans ces dernières mais visent à atteindre le premier, sont ‘neo-welfaristes’. Si les welfaristes et neo-welfaristes se sentent insultés parce qu’ils s’engagent dans un militantisme moralement problématique, soit, mais les termes en soi sont simplement catégoriques.


“L’activisme abolitionniste ne se fait que sur Internet”


Beaucoup d’abolitionnistes dédient une grande partie de leur temps dans l’activisme de terrain, face-à-face. Les abolitionnistes enseignent dans des hautes écoles et universités, sauvent des animaux non-humains, sont volontaires dans des sanctuaires, organisent des présentations de rue et stands d’information, écrivent des éditoriaux, et préparent des repas-partages. Les abolitionnistes utilisent en effet une grande partie de leurs ressources de militantisme pour combattre l’idéologie neo-welfariste. Cela est dû au fait que le militantisme neo-welfariste est vu comme tout aussi préjudiciable aux animaux non-humains que l’idéologie spéciste du grand public. En fait, le neo-welfarisme rend notre progrès vers l’abolition significativement plus difficile. Donc, les abolitionnistes, par nécessité, dédient une bonne partie de leur militantisme à des activités de contre-cadrage.


Qui plus est, l’activisme en ligne a été injustement discrédité. Les forums en ligne permettent un accès considérable à cout réduit. Augmenter le recours social sur internet ne fera que rendre l’activisme en ligne plus important à l’avenir.


“L’abolitionnisme (ou en effet tout mouvement social minoritaire qui contre l’idéologie dominante de manière rationnelle) est un culte.”


L’approche abolitionniste est unique dans le mouvement des droits des animaux non-humains dans le sens où elle fut formulée initialement par un théoricien : Gary Francione. Par contraste, l’approche welfariste fut part de l’idéologie dominante depuis plus de 200 ans et a eu un nombre incalculable de contributions apportées par de nombreux théoriciens. Puisque l’abolitionnisme est nouveau, on ne trouve que très peu de contributions significatives à la théorie que Francione a définie à l’origine (bien que beaucoup se penchent maintenant dessus – comme ce magazine en témoigne). Qui plus est, puisque Francione est relativement actif dans le mouvement, il est capable d’engager les activistes et conseiller les adhérents par rapport à son approche.


Pour finir, l’approche abolitionniste est une théorie rigide. Elle reconnaît qu’en vue d’atteindre l’abolition de l’utilisation des animaux non-humains, nous pouvons seulement accepter des moyens non-violents qui ne compromettent pas notre morale et nos idéaux. L’approche est simple : faire la promotion du véganisme, rester non-violent, et rejeter les tactiques qui compromettent ces valeurs. La simplicité de la théorie et la position sans équivoque envers la non-violence créent une rigidité qui pourrait être (mal) interprétée comme une dévotion sectaire par ceux qui sont investis dans l’idéologie dominante qu’elle menace, mais ce n’est tout simplement pas le cas.

(1) Fitzgerald, A. J., L. Kalof, and T. Dietz.  “Slaughterhouses and Increased Crime Rates:  An Empirical Analysis of the Spillover from ‘The Jungle’ into the Surrounding Community.”  Organization & Environment 22(2):  158-184.
(2) Francione, G. 2009. “Francione: We’re all Michael Vick.” Philadelphia Daily News August 14.