mardi 10 février 2015

5 raisons pour lesquelles les droits des animaux sont une question féministe


(Traduction de l'article 5 Reasons For Why Animal Rights Are A Feminist Issue)


Source: Jennings Wire

Les droits des animaux sont une question féministe. Voilà, je l’ai dit.

En réalité, la chosification et l’exploitation des vies et des corps des animaux devrait faire l’objet d’une attention particulière de la part des féministes vu que le féminisme consiste avant tout à se battre contre la manière dont le patriarcat rejette les intérêts et la subjectivité de certains au bénéfice d’êtres arbitrairement désignés comme étant « supérieurs ».

Ce qui est encore plus terrifiant est que la vulnérabilité perçue des animaux est utilisée comme justification implicite pour abuser d’eux.

En d’autres mots, puisque les animaux ne peuvent se défendre, nous donner ou refuser leur consentement, ou s’organiser en opposition, nous, en tant qu’humains, pensons que nous sommes libres de leur faire ce qu’il nous plaît, généralement sous couvert de « protection » de leurs intérêts.
Un nombre de barrières empêchent généralement beaucoup d’entre nous de voir la situation envers les animaux comme étant oppressive. Par conséquent, la raison pour laquelle certaines féministes voient cela comme une question féministe peut ne pas sembler évidente.

Mais cela est bel et bien une question féministe. Voici les 5 raisons en faveur de la question.

1. Les corps des animaux, aussi, sont chosifiés.

Etre chosifié signifie que notre corps et notre vie existent pour les plaisirs et bénéfices de quelqu’un d’autre.

En tant que féministes, la plupart d’entre nous sommes plutôt convaincues de la rhétorique de la marchandisation lorsqu’il s’agit des corps des femmes dans les médias. Par exemple, nous savons que les femmes sont régulièrement réduites à des accessoires sexys dans les récits masculins. Nous savons également que les femmes sont régulièrement violées, battues, harcelées, et assassinées car nous avons tendance à être vues comme des objets de plaisir pour les hommes, au lieu de sujets pleinement sensibles qui éprouvent eux-mêmes du plaisir.

Comme le décrit Jean Kilbourne, « … transformer un être humain en une chose, un objet, est la plupart du temps la première étape pour justifier la violence envers cette personne. »

Lorsque vous chosifiez des corps, vous voyez ces corps comme des choses qui vous serviront dans un but précis.

De manière similaire, les corps des animaux non-humains sont réduits à des objets de chair (littéralement) qui peuvent être consommés, ou utilisés dans des projets scientifiques douloureux ou immoraux.

Les corps des animaux sont vus comme « moins que rien ». Ils ne sont pas culturellement vus comme des êtres indépendants expérimentant la douleur, le plaisir, et une série d’émotions, et qui existent en réseaux sociaux. A cause de cela, les animaux endurent des systèmes horribles de violence qui souvent ne sont même pas remis en question.

Être chosifié explique pourquoi tant d’industries utilisent des souris, singes, cochons, lapins, et autres animaux non-humains dans d’horribles tests scientifiques, car nous sommes conditionnés à n’avoir aucune considération pour eux. Cela explique pourquoi les animaux non-humains ont enduré des conditions difficiles dans l’industrie du divertissement comme Sea World ou même les singes dans les films et publicités, pour que les humains puissent en rire.

Cela devient culturellement inconfortable pour nous lorsque nous envisageons que les animaux non-humains ont des émotions, peuvent connaître la douleur, la dépression, etc.

La chosification des animaux a connu un tel succès qu’ils sont entièrement dépouillés de leur subjectivité : ils existent pour nous.

2. Les corps des animaux sont utilisés pour normaliser la culture du viol.

Les animaux sont sexués. Les tortures infligées aux animaux, donc, seront spécifiques selon leur sexe et il n’est pas étonnant que pour les femelles, leur capacité à mettre bas dictera massivement la manière dont leurs corps seront contrôlés. 

L’élevage intensif, et même les techniques utilisées dans les « petites fermes », institutionnalise les rapports sexuels forcés et les systèmes violents d’oppression. La majorité des animaux qui sont tués chaque année sont abattus par le système d’élevage industriel. Les femelles endurent une vie de viols successifs et de grossesses perpétuelles et, lorsqu’elles sont « usées », elles sont abattues.

« Les supports à viol » - un terme industriel existant pour le système utilisé pour immobiliser les animaux durant l’insémination – sont utilisés pour garantir l’imprégnation constante d’animaux comme les vaches et les cochons, alors que les poules sont élevées pour produire un nombre astronomique d’œufs, ce qui représente un stress incroyable pour leurs corps, provoquant de douloureux maux du système reproductif tel que la ponte interne et des maladies.

En tant que féministes, la consommation des corps d’animaux non-humains violés et torturés, alors que nous nous battons contre la culture du viol, semble être un sujet sur lequel nous méritons de nous pencher.

Il existe également l’autre problème du contrôle institutionnalisé des corps des femmes….

3. La violence domestique heurte les animaux.

Selon un article du New York Times intitulé, “L’abus envers les animaux comme indice pour d’autres cruautés”, Diana S. Urban, représentante de l’état du Connecticut, a déclaré que « l’abus envers les animaux est l’une des quatre pistes que les profilers du FBI utilisent pour déterminer les futurs comportements violents. »

Il existe une corrélation évidente entre le fait de faire du mal aux animaux non-humains tôt dans votre vie, et d’ensuite faire du mal aux humains.

L’American Humane Association déclare que dans les 88% des foyers ayant présenté un cas d’abus sur mineur, des cas d’abus sur animaux étaient également recensés. Chez les femmes cherchant des refuges, près de la moitié ont déclaré que leurs partenaires violents les avaient menacées de faire du mal à leur animal de compagnie.

La corrélation entre la violence envers les femmes et enfants, et la violence envers les animaux non-humains, démontre la manière dont le patriarcat heurte ceux d’entre nous qui sommes minorisés et bien souvent sans défense.

En réalité, beaucoup de foyers et refuges pour femmes battues acceptent les animaux non-humains. Il est prouvé que les femmes ont tendance à ne pas quitter leur partenaire abusif si elles ne peuvent pas emmener avec elles leur animal de compagnie, par peur pour la sécurité de leur animal. A cause de cette forte corrélation entre la violence envers les femmes, et la violence envers les animaux non-humains, la plupart des états ont instauré des peines criminelles pour cruauté animale.

La violence est intersectionnelle, donc nos mouvements pour mettre fin à la violence se doivent de l’être également. Les animaux non-humains souffrent également sous le système patriarcal.

En parlant d’intersectionnalité….

4. L’intersectionnalité doit inclure tous les groupes opprimés.

Il n’est pas rare de trouver des commentaires de féministes qui ne proclament pas quelque part que « même les animaux sont mieux traités que les femmes ! ». Même dans d’autres endroits de manifestations, comme chez les manifestants de Fergusson récemment, on peut trouver des phrases comme « un chien aurait eu plus de respect que Mike Brown ! ».

Le langage entourant les animaux non-humains utilise en permanence une hiérarchie morale qui suggère que certains corps ont plus de valeurs que d’autres, suggérant par la suite que le sort de certains groupes est plus important ou significatif que d’autres.

On retrouve une attitude similaire dans les discours entourant également les humains lorsque nous assumons que le combat d’un groupe pour des droits demande notre attention avant ceux d’un autre groupe se battant pour ses droits, ou qu’un groupe mérite un meilleur traitement par rapport à un autre malgré le fait que les deux groupes soient opprimés.

On trouve un bon exemple de cela dans le féminisme radical trans-exclus dans lequel les cis-féministes excluent les personnes trans car elles ne pensent pas que les personnes trans subissent l’oppression de la même manière.

Ou bien certaines féministes blanches qui ne pensent pas que le racisme doive avoir une place dans leur agenda féministe car l’oppression des « genres » est une question plus urgente, malgré le fait que les femmes de couleur subissent une oppression racialisée du genre.

L’intersectionnalité est un développement théorique qui nous aide à gérer ce genre d’attitudes. L’intersectionnalité aide à déceler les connections entre des systèmes d’oppression.

La réalité est là : les gens de couleur, les femmes, les personnes handicapées, la communauté LGBTQIA+ (ndt : lesbienne, gay, bisexuel, transgenre, « queer », intersexué, et asexué) etc, subit cela. Et les animaux aussi subissent cela, surtout ceux jugés utiles dans la mesure où ils sont consommés, que ça soit pour leur chair ou pour leurs secrétions.

Il est ridicule d’essayer de “classer” l’oppression que subit chaque groupe, ou d’assumer que toute notre attention doit se concentrer sur le sort d’un seul groupe, ou d’assumer que si la plupart de notre attention se concentre sur un certain groupe à un moment donné, cela devrait signifier que les autres groupes sont moins importants ou « ont moins de mal ».

Toutes ces sphères d’oppression sont des sous-produits du même mal systémique, un mal qui est fortement ancré dans le patriarcat suprématiste blanc.

Déclarer que l’un de ces groupes est « mieux traité » qu’un autre revient à complètement passer à côté du fait que ces oppressions sont entrelacées et dépendent même l’une de l’autre.

5. Notre société propage également des mensonges sur les animaux.

En tant que féministes, la plupart d’entre nous savent déjà que des discours culturels sont utilisés pour naturaliser des comportements problématiques.

Nous savons que prétendre que “les garçons seront toujours des garçons » est une manière de détourner le regard sur le fait que les hommes peuvent s’en tirer malgré des comportements violents, destructeurs. Il est plus facile de dire « que les hommes sont naturellement comme cela » que de confronter des systèmes de genre qui produisent des corps culturels qui agissent d’une manière spécifique.

Nous voyons également ces discours qui déclarent que « les hommes sont juste plus portés sur le sexe que les femmes » pour expliquer pourquoi les films affichent principalement des femmes nues et non des hommes nus. Nous utilisons ce même discours pour justifier le viol. C’est une manière de naturaliser les relations asymétriques de pouvoir sexuel.

De manière similaire, on trouve ce genre de discours dans le cadre de la consommation d’animaux, qui naturalise d’horribles systèmes d’oppression. Beaucoup de personnes déclarent qu’ « elles ne pourraient jamais se passer de viande » ou « qu’elles ne pourraient jamais devenir vegan car elles adorent trop le fromage ».

Bien que le fromage et les hamburgers puissent avoir très bon goût, ce genre de discours ignore la réalité systémique sur le fait que les animaux non-humains sont torturés, abattus, et violés pour que nous puissions manger pour satisfaire nos addictions au goût.

L’apathie envers la violence ne devrait jamais être encouragée dans tout mouvement de justice sociale.

Les discours culturels perpétuent des mythes et traditions. Par exemple, on entend souvent le discours commode que les bonnes protéines se trouvent seulement dans les corps des animaux malgré le fait qu’il existe d’aussi bonnes sources de protéines ailleurs.

Considérez également le mythe déclarant que tuer un animal « humainement » est d’une certaine manière mieux que les conditions d’élevage industriel, un mythe étrange considérant que « humainement » et « tuer » sont dans la même phrase, et que l’abus est également omniprésent dans les « petites fermes ».

Les discours nous permettent de nous sentir à l’aise avec des comportements problématiques. Ils nous permettent d’ignorer nos responsabilités par rapport aux choix que nous avons le pouvoir de faire.

***

En tant que féministes, nous nous devons de politiser même les choses anodines de notre vie, comme la nourriture que nous consommons. La Dr. A. Breeze Harper, créatrice du projet Sistah Vegan, déclare :
“Je ne peux tout simplement pas voir la nourriture comme un « objet journalier anodin ». Je vois les significations appliquées à la nourriture comme quelque chose qui représente les idéologies d’une culture entière en regard de toute chose. Par exemple, la nourriture peut me raconter les espérances d’une société par rapport à la sexualité, les rôles des genres, les hiérarchies raciales du pouvoir et de la compétence. »

Se pencher sur les questions critiques concernant notre alimentation, de même que réexaminer les corps dont nous parlons dans notre théorie féministe est l’une des premières étapes pour décoloniser nos esprits et nos corps du patriarcat suprématiste blanc.

Voici d’autres sites à découvrir si vous voulez en apprendre plus sur la question :
Remerciements spéciaux à Syl Ko pour m’avoir aidée avec cet article.

lundi 8 juillet 2013

Eat like you care



Eat Like You Care:  An Examination of the Morality of Eating Animals

Ce livre met la question de la consommation d’animaux carrément sur la table.



Nous prétendons tous nous soucier des animaux et les considérons comme ayant au moins une certaine valeur morale. Nous prétendons tous être d’accord sur le fait qu’il est injuste d’infliger souffrance et mort « inutilement » aux animaux et – peu importe le désaccord que nous pourrions avoir sur la question de la nécessité de l’utilisation animale – nous sommes tous d’accord que la souffrance et la mort d’animaux ne peut pas être justifiée par le plaisir, l’amusement, ou la commodité humaine. Nous condamnons Michael Vick pour les combats de chiens précisément parce que nous croyons fermement que quel que soit le plaisir que Vick a retiré de cette activité, cela ne peut finalement pas justifier ce qu’il a fait.



Donc comment pouvons-nous justifier le fait que nous tuons de nombreux milliards d’animaux terrestres et marins chaque année pour la nourriture ? Peu importe la manière « humaine » dont nous traitons et tuons ces animaux, la quantité de souffrance animale que nous causons est atterrante. Pourtant personne ne maintient que les aliments d’origine animale sont nécessaires pour une santé optimale. En effet, des données empiriques croissantes indiquent que les aliments d’origine animale sont préjudiciables à la santé humaine. Mais quelle que soit la manière dont vous évaluez ces preuves, il ne peut y avoir de doute sérieux sur le fait qu’on puisse être en excellente santé avec un régime alimentaire végétalien. Il y a également un large consensus sur le fait que l’agriculture animale est un désastre écologique. L’agriculture animale est responsable de pollution de l’eau, de l’air, de déforestation, d’érosion des sols, de l’utilisation inefficace des protéines végétales et de l’eau, et toutes autres sortes de dommages sur l’environnement.



La meilleure justification que nous avons pour la quantité inimaginable de souffrance et de mort que nous imposons aux animaux est qu’ils ont bon goût. Nous apprécions le goût des aliments d’origine animale. Mais en quoi est-ce différent de Michael Vick déclarant que son exploitation de combats de chiens était justifiable car il aimait regarder des chiens se battre ? Vick aimait s’asseoir autour d’une fosse et regarder des animaux se battre. Nous aimons nous asseoir autour du barbecue d’été à rôtir les corps d’animaux qui ont eu des vies et des morts qui sont aussi mauvaises, si pas pires, que les chiens de Vick. Quelle est la différence entre Michael Vick et ceux d’entre nous qui consommons des aliments d’origine animale ?



Ce livre démontre qu’il n’y a pas de différence, ou du moins aucune qui importe moralement.
Francione et Charlton soutiennent que si vous pensez que les animaux importent moralement – si vous rejetez l’idée que les animaux ne sont que des choses – vos propres croyances requièrent que vous arrêtiez de consommer des aliments d’origine animale. Il n’y a rien d’ « extrême » à un régime alimentaire végétalien ; ce qui est extrême c’est l’inconsistance entre ce que nous disons croire et la manière dont nous agissons lorsqu’il s’agit d’animaux.



Beaucoup d’entre nous sont mal à l’aise lorsqu’ils pensent aux animaux qui ont fini sur notre assiette. Nous avons peut-être pensé à arrêter de consommer des produits d’origine animale mais il y a beaucoup d’excuses qui nous ont empêché de le faire. Les auteurs explorent la trentaine d’excuses qu’ils ont entendu en tant que vegans de longue-date et abordent chacune d’entre elles, montrant pourquoi ces excuses ne fonctionnent pas. Avec sa réflexion claire et sensée sur l’éthique animale, sans jargon ou théorie compliquée, ce livre changera la manière dont vous réfléchissez à ce que vous mangez.


Voici quelques questions pour vous :

  • Avez-vous jamais aimé un animal ?
  • Avez-vous déjà eu un animal de compagnie qui faisait partie de votre famille ?
  • Pensez-vous qu’il est injuste d’infliger souffrance et mort inutile à des animaux ?
  • Pensez-vous que les animaux importent moralement ?
  • Vous souciez-vous de l’origine de votre nourriture ?
  • Savez-vous d’où proviennent vos aliments d’origine animale ?
  • Achetez-vous des œufs plein-air ? De la viande libre-parcours ?
  • Avez-vous envisagé de devenir végétarien ?
  • Êtes-vous déjà végétarien pour des raisons morales ?
  • Avez-vous envisagé de devenir vegan ?
  • Aspirez-vous à devenir vegan, mais vous pensez que vous ne pourriez jamais adopter un régime alimentaire végétalien ?
  • Êtes-vous déjà vegan et apprécieriez de connaître certaines manières plus efficaces pour communiquer avec ceux qui défendent la consommation d’animaux ?
Si vous avez répondu « Oui » à l’une de ces questions ci-dessus, alors ce livre a été écrit pour vous. N’hésitez-pas – lisez-le maintenant !

vendredi 1 mars 2013

[Traduction] Paranoïa des protéines



(Traduction de "Protein Paranoia")

Les pays industrialisés en général, et ceux victimes du colonialisme britannique en particulier, dont les Etats-Unis, ont été la cible d’une immense propagande pro-protéine. On ne sait pas comment cela a commencé, ni le moment où l’espèce humaine a commencé à consommer de la chair animale, mais peut-être que cette soif de sang du lambda a été exacerbée par le fait qu’au bon vieux temps, les rois interdisaient aux paysans de chasser les « meilleurs » animaux, et donc les paysans, comme c’est toujours le cas lorsqu’on interdit quelque chose, ont réagi en en voulant encore plus. Autres exemples : la consommation d’alcool, de marijuana, et autres drogues ‘récréatives’. Dès lors, consommer de grandes quantités de chair animale était symbole de statut social, un symbole visible d’affluence, de succès et de richesse, tout comme l’est le surpoids dans certaines cultures. Les temps d’antenne sont saturés de publicité pour le tabac (jusqu’il y a peu), les hamburgers, les morceaux de poulets, les produits laitiers, l’alcool, la malbouffe, et leurs besoins de « remèdes » en résultant : brevets « médicaux » toxiques, ayant tous des effets désastreux sur la santé et la longévité humaine. Les publicités pour les nourritures saines, comme les fruits et les légumes, sont quasi inexistantes. Il est clair que les éléments détruisant la santé doivent avoir une marge de profit bien plus élevée que ceux qui sont bénéfiques, pour encourager cette furie de publicités. (La publicité moyenne de 30 secondes pendant les heures de grande écoute coûte 300.000-500.000$, sans compter le coût de production.)

Même les “végétariens” ont cette phobie des protéines dans leur nouveau mode de vie – l’héritage de décennies de conditionnement par l’industrie publicitaire. On leur demande sans cesse : « où trouves-tu tes protéines ?? ». Et bien, de quelle quantité de protéine a besoin le corps humain en réalité ?

La manière la plus simple de comprendre notre besoin réel en protéines est de considérer le bébé humain. Les protéines sont utilisées pour la construction et la maintenance du tissu ; elles ne sont pas utilisées pour l’énergie sauf des dans des conditions extrêmes. L’enfant humain développe de nouveaux tissus au rythme le plus élevé de toute sa vie ; donc ses besoins en protéine sont au maximum de sa vie entière ! Que fournit la nature pour ses besoins en protéines ? Le lait maternel humain est un liquide contenant 1% de protéines. Oui, 1% de notre régime alimentaire est assez pour assurer le taux de croissance le plus élevé, et les besoins en protéines les plus élevés de notre vie entière ! Une fois adulte, le besoin en protéines est seulement nécessaire pour assurer la maintenance, pas la croissance additionnelle ; dès lors, les besoins en protéines d’un adulte sont encore moindres ! En fait, l’AJR actuel indique que l’humain adulte a besoin d’environ 1/3 des protéines d’un enfant ; donc, l’adulte a besoin d’1/3% de son régime alimentaire moyen en protéines. Cela peut être fourni de manière adéquate par les fruits et légumes, comme indiqué dans le tableau ci-dessous, sans avoir recours à des sources concentrées : noix/graines, « fromage de fruits secs », haricots, tofu, miso, « protéines de soja texturées » etc.

Comment est-ce que la « science nutritionnelle » orthodoxe, fondée en énorme partie par les cartels agro-alimentaires, arrive à ses AJR en ce qui concerne les protéines ?

Une méthode censée évaluer la « qualité » des protéines est appelée l'"Indice d'Efficience Protéique" (IEP) et est défini comme l’apport en poids d’un animal en croissance divisé par son apport en protéines. Bien que cela soit une mesure approximative de qualité de protéine, réalisée dans des conditions spécifiques, elle fut critiquée car seule la quantité de protéines consommée au-delà de la maintenance est utilisée pour la croissance. Qui plus est, l'IEP varie en fonction de l’apport alimentaire. Ce ratio trouve son utilité avec les petits animaux, et a été également employé dans les études pour enfants [1]. Un peu de réflexion met rapidement en lumière les mensonges. Premièrement, les résultats basés sur les études d’animaux autres que les humains offrent très peu ou aucune information qui peut être appliquée à l’espèce humaine, car les besoins biochimiques et alimentaires d’espères différentes sont tout à fait différents. La nutrition du rat ne s’applique tout simplement PAS aux humains, pas plus que la recherche des effets du LSD sur les araignées pourrait être extrapolé aux humains. Ce genre de « recherches » peuvent générer des subventions lucratives pour les universités et déboucher sur bon nombre de doctorats, mais sont inutiles pour toute compréhension des véritables problèmes alimentaires humains.

En outre, lorsqu’on considère le gain de poids, cela ne se rapporte PAS à la santé optimale en quoi que ce soit. Celui qui devient le plus obèse le plus rapidement est celui en meilleure santé ? Absurde. Au contraire, l’obésité est connue pour être nuisible pour la santé, alors pourquoi est-ce qu’un gain rapide de poids serait assimilé à un bénéfice alimentaire ? Le lait de vache, vu qu’il est désigné pour un animal qui gagne environ 453 kilos durant sa première année entraînera FORCEMENT une croissance plus rapide chez l’enfant humain (qui est supposé prendre 6 kilos durant sa première année) que le lait maternel humain, car ses concentrations en protéines et en calcium sont environ 3 à 4 fois plus élevées que dans le lait maternel humain, 7 fois plus en caséine, jusqu’à 3,4 fois plus en minéraux, et les hormones de croissance bovines provoquant la croissance rapide sont présentes. De toute évidence, suralimenter n’importe quel organisme par un facteur de 4 ou plus produira FORCEMENT une « croissance » rapide, par ex. obésité, mais aucune personne censée ne pourrait considérer cela comme étant une croissance saine, ou comme indicateur de la qualité nutritive « supérieure » des boissons bovines par rapport au lait maternel humain pour les enfants.

En effet, le bébé humain nourri par la vache est toujours grossièrement obèse, léthargique, maussade, en proie à des éructions cutanées, souffre constamment de problèmes digestifs, pleure énormément, est lent à apprendre, et malodorant. Le concept de l'IEP est un vestige de la mentalité d’après 2e guerre mondiale de consumérisme aveugle : plus, plus, plus est toujours mieux, mieux, mieux. Le concept d'IEP, et autres dogmes nutritionnels peu orthodoxes basés sur une « logique » également erronée, a donné lieu à cette société consommant des quantités énormes de protéines indigestibles et autres « nourritures » qui ne peuvent pas être correctement digérées et utilisées par le corps. Donc, une grande quantité de ces matériaux sont stockées dans le corps sous forme de matériaux partiellement digérés et toxiques que le corps tente d’éliminer par des phénomènes fort mal compris tels que les « rhumes » et les « grippes ». Les efforts du corps pour éliminer ces toxines stockées sont –mal- interprétés comme étant des « maladies », et des médicaments hautement toxiques sont utilisés pour supprimer les efforts du corps d’auto-nettoyage et d’auto-guérison. Des analyses plus détaillées de ce processus néfaste d’interférence avec le processus naturel de nettoyage du corps, ainsi qu’une technique simple pour éliminer de manière permanente les « rhumes », « grippes » et « allergies » de sa vie, sont disponibles dans l’article : Beyond Vegetarianism: How To Permanently Eliminate "Colds/Flus" by Simple Dietary Change (Au-delà du végétarisme : Comment éliminer de manière permanente les « rhumes/grippes » par un simple changement alimentaire). 

Cette façon erronée de percevoir la réalité, de considérer SEULEMENT la quantité en ignorant systématiquement la qualité, nous a mené exactement aux désastres écologiques mondiaux qui menacent actuellement la continuité de l’existence de toute forme de vie sur cette planète. Il y a des aspects QUANTITATIFS et QUALIFICATIFS à toutes les situations, concepts et pratiques ; il faut considérer les deux aspects, autrement l’incompréhension et le désastre sont inévitables.

Un autre moyen utilisé par la pseudo science nutritionnelle pour déterminer les « besoins » en protéines s’appelle la méthode d’Equilibre Azoté. Puisque l’azote fait partie du groupe aminé [-NH2] des acides aminés dont toutes les protéines sont faites, et puisque l’azote est bien plus facile à quantifier en laboratoire que les protéines complexes, la théorie est que l’on devrait consommer assez de protéines (mesurées en azote) de sorte que la quantité ingérée soit équivalente à la quantité excrétée. (C’est semblable à la philosophie absurde Gatorade : mangez vos excrétions.) Donc, lorsqu’on se trouve en « équilibre azoté », il n’y a aucun gain ou aucune perte nette d’azote et on prétend que les tissus sont idéalement maintenus. Pour déterminer le statut en protéines d’une personne, on la soumet à un régime alimentaire réduit en protéines, ou sans protéines, et on mesure ensuite l’azote excrété pendant quelques jours et on estime ensuite que vu que cela représente le montant de protéines perdues, cela représente également le montant que la personne aurait dû ingérer durant la même période pour maintenir un poids stable. Simple et évident n’est-ce pas ? Erreur ! Malheureusement, les nutritionnistes ne savent pas que des quantités énormes de mucus et toxines basées sur les protéines sont stockées dans le corps du consommateur moyen d’aliments cuits, viande riche en protéines/œufs/produits laitiers, ou que soumettre ces personnes à ce qui est essentiellement un jeûne déclenchera un processus d’auto-nettoyage qui provoquera l’élimination du corps de grandes quantités de mucus et toxines riches en azote. Au vu de ces excrétions accélérées, les besoins en protéines de l’être humain sont grossièrement exagérés.

Toute personne ayant expérimenté un changement de régime alimentaire, ou surtout le jeûne, sait qu’une énorme quantité de déchets sont éliminés lors de tout changement positif dans le régime alimentaire, et que ces éliminations sont fortement accélérées durant un jeûne. (Un jeûne consiste à ne consommer que de l’eau, et à faire un lavement pour aider à nettoyer le côlon des déchets pour prévenir une grave auto-intoxication.) Par ailleurs, de grandes quantités de mucus sont éliminées en premier ; et au fur et à mesure que le corps se nettoie, les excrétions de mucus ralentiront nettement. Puisque les expériences sur l’« Equilibre Azoté » nutritionnel ne durent généralement pas assez de temps pour que le corps se nettoie assez pour déterminer ses réels besoins en protéines, comme en témoigne la perte d’azote constante, pas exponentiellement décroissante, les quantités estimées par cette méthode excèdent largement nos besoins réels.

En ce qui concerne les exigences en protéines, Albanese et Orto [2] admettent que « Bien que l’étude des besoins en protéines de l’humain ait suscité l’intérêt de scientifiques durant des dizaines d’années... des exigences définitives n’ont pas été établies à la satisfaction d’un grand nombre. » Ils se lamentent que la méthode d’Equilibre Azoté « ait été fréquemment étudiée, mais semble en réalité être un indicateur peu fiable d’apport satisfaisant en protéines. » Qui plus est, « les quantités de protéines nécessaires au maintien de l’équilibre azoté varient selon l’état nutritionnel du sujet. Lorsque les réserves en protéines étaient épuisées, même de petites quantités d’azote étaient suffisantes pour produire un équilibre positif. De même, on a découvert que, chez les patients ne consommant que du riz, l’équilibre azoté pouvait être maintenu avec de petites quantités de protéines – quantités qui ne semblaient pas favorables à une bonne santé. » « … la somme des données disponibles, dont l’ARJ du National Research Council, représente au mieux des tâtonnements intelligents sur les quantités de protéines qui couvriront amplement les besoins de l’humain. »[1]

« L’effet d’une faim totale (ex: véritable jeûne) sur l’excrétion d’azote a été étudié bon nombre de fois. Un rapport montre qu’une femme en bonne santé ayant volontairement suivi un jeûne a excrété durant les premiers jours une moyenne de 6 à 8 grammes d’azote, et ensuite les jours suivants, jusqu’au 26e jour, 4,26 grammes et encore plus tard 2 à 3 gramme par jour. … La réduction progressive d’excrétion d’azote, comme constaté lors des jeûnes, semi-jeûnes, ou régimes pauvres en protéines, se produit non seulement parce que les fractions de protéines facilement disponibles du corps sont progressivement épuisées mais probablement à cause de l’adaptation à l’approvisionnement réduit de nourriture ou de protéines. »[1] Etrangement, si le corps s’est réellement adapté à cet approvisionnement réduit de protéines, un approvisionnement plus élevé n’est de toute évidence pas nécessaire. Si, pour l’exemple plus haut, les 2-3 grammes/jour représentent les réels besoins en protéines du corps, après que les déchets à haute teneur en protéines aient été éliminés, alors les besoins journaliers en protéines seraient : P=N (azote) x 6.25 = 2.5 x 6.25 = 15.6 grammes/jour, nettement moins que les « tâtonnements intelligents » des AJR de 64 grammes/jour pour une femme. Cette quantité pourrait être fournie par environ 1.4 kilo de fruits et légumes.

De manière significative, Albanese et Orto admettent que « l’efficacité de l’utilisation de protéines est diminuée lorsque l’apport calorique est bas ou que l’approvisionnement en protéines est excessif ».[1] Une autre preuve qu’un régime élevé en protéines est inutile et auto-destructeur. Lorsqu’on gagne de l’expérience avec un régime alimentaire pauvre en protéines, à base de plantes, on finit par comprendre que les protéines concentrées, par ex celles de plus d’1% environ, ne peuvent pas être digérées correctement, et qu’on est en bien meilleure santé avec les protéines fournies par les fruits et légumes qu’en tentant d’obtenir « assez » de protéines via des sources concentrées, telles que les noix/graines, haricots, légumineuses, etc.

Une conclusion très frappante, au moins pour ceux et celles conditionnés par la culture des cowboys de croire que nous avons besoin de beaucoup de protéines, est révélée par les AJR et l’application d’un peu de calcul de secondaire. Les valeurs des AJR en protéines et énergie se trouvent ci-dessous. 

Les 4e et 6e colonnes, cependant, sont les AJR/lb du poids du corps, car cette information est capitale pour produire des comparaisons significatives pour les gens de poids différents. En omettant intentionnellement ce calcul simple et tout à fait nécessaire, les « autorités » donnent la clairement fausse impression que les besoins en protéines et calories augmentent lorsque nous grandissons ; cependant, le contraire est exactement correct. La vérité est que l’humain adulte a besoin d’environ 1/3 des protéines et ¼ des calories, sur une base grammes-par-grammes, dont il a eu besoin durant l’enfance !  Ceci est aisément fourni par les fruits et légumes. 

Contenu protéique de différents aliments (en % de protéines par pourcentage de poids)

Fruits : 0,5-1,5 %
Lait maternel : 1-1,1 %
Riz brun :  2,5 %
Riz blanc : 2%
Légumes : 0,5-3,5 %
Choux : 2-4 %

Remarque: les aliments suivants possèdent bien trop de protéines pour une digestion correcte par l'humain, et ne sont dès lors pas recommandé pour la consommation mais sont inclus pour la comparaison.

Lait de vache : 3,5 %
Haricots (cuits) : 8 %
Oeufs : 13 %
Fromage : 14-20 %
Viande : 9-30 %
Poisson : 20-28 %
Noix/graines : 10-25 %


[1]  Goodhart and Shils, Modern Nutrition in Health and Disease, Lea and Febiger, 5th ed, 1973

Mon opinion :  Article fort intéressant mais dommage qu'il n'y ait pas plus de sources, le lien en bas de page renvoyant vers plus de renseignements étant mort. Même en étant végétalien, nous avons tendance à consommer des aliments riches en protéines par peur d'une éventuelle carence. Personnellement, je pense qu'à partir du moment où les besoins en calories sont atteints, il me semble tout simplement impossible pour l'humain d'avoir une carence en protéines, même en ne se nourrissant que de fruits et légumes. N'oublions par ailleurs pas que la cuisson dénature les protéines.

Plus de ressources sur les protéines : http://www.ecologos.org/pro.htm