jeudi 24 novembre 2011

[Traduction] Le veganisme comme norme minimale de décence

(Traduction de l'essai de Dan Cudahy, avec son accord, "Veganism as a Minimum Standard of Decency".)

Dans des discussions avec des non-vegans –particulièrement les non-vegans sur Internet qui sont familiers avec les deux affirmations du mouvement vegan des droits des animaux et les affirmations du contremouvement—le problème de la « délimitation » est souvent amené comme une sorte d’objection au veganisme. Alors qu’il est vrai que les vegans évitent beaucoup de souffrance, l’argument fonctionne comme cela, les vegans causent également indirectement beaucoup de souffrance : des animaux sont tués par les récolteurs de cultures et véhicules motorisés ; des pesticides naturels et artificiels sont utilisés pour les cultures ; et fréquemment on ne peut dire exactement quel mal a été causé soit directement aux animaux soit à l’environnement dans tous les cas, même en achetant au magasin d’aliments naturels locaux ou au marché du village. Puisque les vegans n’ont pas atteint la perfection de la pureté dans l’art de ne pas causer de mal et dans la non-violence, on a vraiment un cas de délimitation, et tant qu’une personne n’a pas atteint la perfection absolue de la pureté, elle n’a pas le droit de critiquer toute autre limite qui pourrait être tracée. Critiquer les autres limites c’est ne pas reconnaître soi-même ses propres défauts par rapport à la perfection platonique, et donc d’être –osons le dire- hypocrite.

Mettre des limites peut être difficile dans toute question de morale, et plus la limite est précise, plus les difficultés surviennent. Cependant, la difficulté de mettre des limites précises ne devrait pas nous dissuader d’explorer les limites moins précises de standards minimums ou de bases morales qui sont (ou devraient être) raisonnables pour la grande majorité des gens dans la société, même si cela demanderait une abolition complète de l’agriculture animale.

Nous établissons et défendons philosophiquement des bases morales régulièrement dans la société sous  forme de lois en rapport avec des problèmes tels que le meurtre, l’homicide involontaire, l’agression, les déclarations de guerre, et les limitations de vitesse, même s’il peut être tout aussi difficile de mettre des limites pour ce genre de problèmes qu’avec  les problèmes avec les animaux. Aucun de nous n’est non plus « pur » lorsqu’il s’agit de protéger les humains de la cruauté ou la mort ; et pourtant nous plaçons des limites : nous ne sommes pas cannibales ; et la plupart d’entre nous ne soutiennent pas en toute connaissance de cause ou joyeusement l’esclavagisme humain et leur massacre.[1]

Nous avons le devoir d’établir et de défendre philosophiquement de telles bases pour les animaux. A la place, nous avons une politique de laissez-faire niveau morale (et injuste) où l’on refuse de même discuter des limites à placer par rapport aux animaux, peu importe les similitudes accablantes qu’ils ont avec nous en terme de caractéristiques moralement pertinentes : la sentience et l’intelligence perceptuelle et la conscience.

Vu les similitudes moralement pertinentes et les différences non pertinentes entre les humains et autres animaux, et vu qu’il est probable que nous trouvions que la perfection absolue dans le fait de ne pas causer de mal soit bien trop ascète ou impossible à atteindre de manière pratique dans notre société moderne, le veganisme est la base morale que nous nous devons de promouvoir et que nous devons appliquer. Le veganisme n’est pas la finalité ou le mieux que nous puissions faire ; plutôt, c’est le minimum que nous puissions faire.

Le veganisme, c’est s’abstenir fondamentalement de participer à l’exploitation et l’abattage délibéré ou le massacre des êtres non-humains. Prévenir les décès fortuits et accidentels d’humains dans les accidents de la circulation et l'action de la police - même les morts humaines prévisibles - n'est pas requis par les lois interdisant l'esclavage et le meurtre. De la même manière, prévenir les morts accidentelles et fortuites dans les accidents de la circulation ou dans les récoltes de culture – même les morts prévisibles – n’est pas requis par le veganisme. En d’autres mots, l’approche abolitionniste des droits des animaux, telle qu’elle est perçue aujourd’hui, et la base morale correspondante du veganisme sont précisément la même chose en terme de « délimitation » que les lois interdisant l’esclavagisme pur et simple et le meurtre. Les lois interdisant l’esclavagisme et le meurtre ne disent rien par rapport à la prévention des blessures liées aux véhicules motorisés et les accidents mortels, ou combien d’argent nous devrions engager pour sauver la vie d’un enfant blessé, ou les balles perdues dans une guerre justifiée d’auto-défense. Nous devrions clairement prendre les mesures appropriées pour réduire autant que possible de telles morts, mais encore une fois, le veganisme est simplement une première norme minimale, pas la meilleure ni la finale.

Choisir de consommer des produits animaux est un choix de participer à l’exploitation et au massacre intentionnel d’êtres sentients. Vu notre large variété de choix de nourriture aujourd’hui, nous pouvons facilement refuser de participer à une telle exploitation et massacre. Dans bien des cas, tel que celui-ci, mettre des limites peut être très approprié et solidement défendu, surtout quand on reconnaît que cette limite placée est seulement la norme minimale de la décence, pas la norme maximum de la pureté.


Notes :

[1] Si vous vivez et payez vos taxes dans un pays industrialisé, avec une forte puissance militaire, tel que les Etats-Unis, vous cautionnez par inadvertance, indirectement et malheureusement involontairement, je l’espère, le massacre d’être humains innocents sous la forme de guerre dans d’autres pays (déclenchées principalement pour des raisons économiques ; raisons économiques qu’on pense être aussi des raisons ‘de sécurité nationale’) et la fourniture d’armes à des milices violentes, tout comme les vegans cautionnent par inadvertance, indirectement et involontairement le massacre de non-humains innocents juste en vivant et en payant leurs taxes dans notre société basée sur l’exploitation animale.

[2] J’ai édité cet essai en date du 9 juillet 2009 pour retirer 2 références au jaïnisme suggérant une norme ascétique de non-violence. Je pensais auparavant que beaucoup ou la plupart des adeptes du jaïnisme prenaient des mesures ascétiques afin d’éviter de faire du mal. J’ai depuis appris que ce n’est pas le cas, et que, bien que le veganisme augmente parmi les adeptes de cette religion, beaucoup ne sont pas vegans et encore moins pratiquants d’une forme ascétique de non-violence.

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vendredi 18 novembre 2011

Qu'est-ce qui ne va pas avec Sea Shepherd ?

[Edit: Après de francs échanges constructifs dans les commentaires suite à l'article original, j'ai décidé d'éditer cet article.]


L'article original critiquait Sea Shepherd par rapport au fait que leurs campagnes étaient des campagnes ciblées et Paul Watson pour son discours spéciste. Je maintiens ce dernier point.

Après discussion avec certains lecteurs, j'ai du me rendre à l'évidence que Sea Shepherd n'était cependant pas un bon exemple du problème des campagnes ciblées dans le cadre des droits des animaux.

En effet, Sea Shepherd ne répond pas à mes attentes en matière de droits des animaux. Mais je ne peux pas vraiment les blâmer car la SSCS est bel et bien une organisation environnementale et non une organisation pour les droits des animaux (Watson le dit d'ailleurs bien lui-même).

D'un point de vue environnemental, l'action de Sea Shepherd est probablement importante et toute personne concernée par la conservation des océans et des animaux protégés durant les campagnes devrait songer à les soutenir et surtout à devenir vegan, la production de produits animaux étant une catastrophe écologique.

Voir des vegans visant l'abolition de l'exploitation animale investir leur temps et leurs ressources dans une organisation environnementale, dirigée par une personne ayant des discours spécistes, au lieu de s'investir dans l'éducation végane positive du public me laisse profondément perplexe. J'insiste car je ne pense pas avoir vu ne serait-ce qu'une seule fois le mot vegan sur le site de Sea Shepherd, pourquoi le devenir et comment.


Au niveau des droits des animaux, les campagnes ciblées sans promotion explicite du véganisme restent problématiques et j'invite les personnes concernées par les droits de tous les animaux à faire la promotion du véganisme comme norme minimale de décence. C'est la seule manière d'éradiquer à long terme le spécisme de notre société.

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jeudi 3 novembre 2011

"Pauvre bête"

(Cet article a été édité le 24 octobre 2012)

Ce vendredi aura lieu l'Aid El Kebir, l'une des fêtes les plus importantes pour le monde musulman, pour laquelle un animal innocent, généralement un mouton, sera égorgé dans les pires souffrances au nom d'une tradition ancestrale et irrationnelle.

Beaucoup de personnes s'indigneront de cette tradition jugée barbare ou préhistorique (à raison) car des animaux souffriront et mourront inutilement.

Mais dans notre société, nous oublions bien vite nos propres traditions. Notamment celle qui consiste à consommer des produits animaux dans notre vie de tous les jours. Elle est tellement ancrée en nous que nous ne la remettrons probablement jamais en question, on trouve cela tout à fait normal d'utiliser et d'abattre des animaux pour notre consommation journalière.


Or notre tradition est tout aussi préhistorique et barbare que l'Aid El Kebir dès lors qu'un régime alimentaire végétalien suffit à n'importe quel être humain pour être en bonne (meilleure) santé. Il n'a jamais été aussi facile qu'aujourd'hui d'être vegan mais ironiquement, très peu de personnes remettent en question cette tradition et beaucoup rejettent le veganisme, le qualifiant d' ''extrême". Le végétarisme est plus ou moins toléré.

Dans notre société actuelle, nous utilisons et abattons des dizaines de milliards d'animaux chaque année pour notre seul plaisir gustatif et rien d'autre, parce qu'on trouve qu'ils ont bon goût. C'est une tradition, une habitude. Mais paradoxalement, tout le monde s'accorde pourtant sur le fait qu'il est moralement inacceptable d'infliger mort et souffrance à un animal non-humain si ce n'est pas nécessaire : les gens s'offusquent par exemple de la corrida et rejettent cette tradition où un animal souffre inutilement pour le plaisir des spectateurs.

Les gens crient également au scandale quand on découvre qu'un propriétaire de chien organise des combats, lorsqu'on massacre des phoques sur la banquise ou lorsque des baleines sont tuées.

Et pourtant, tous les jours, nous trouvons ça tout à fait moralement acceptable d'utiliser et d'ôter la vie à des animaux innocents pour notre simple plaisir gustatif, celui de notre palais, un plaisir en soi moralement identique à celui de l'homme qui bat son chien ou à celui des amateurs de corrida: il n'y a aucune différence entre la mise à mort d'un animal pour le spectacle et la mise à mort d'un animal pour la consommation à partir du moment où ce n'est pas nécessaire, les deux pratiques ne sont aucunement indispensables à l'homme et sont bel et bien à classer dans la catégorie "plaisir".

Dans l'exemple humain, ça reviendrait à s'accorder sur le fait qu'il est moralement injustifié d'infliger des souffrances non nécessaires aux enfants, mais que battre les enfants pour le plaisir est moralement acceptable.

Et bien, en consommant des produits animaux, nous sommes tous des personnes qui battons leur chien ou qui aimons la corrida. En allant au cirque avec animaux, en portant du cuir, de la laine, de la fourrure, en buvant du lait, en consommant des oeufs, nous marquons tous notre accord sur le fait qu'il soit moralement acceptable d'utiliser et d'infliger la mort à des êtres vivants innocents  pour nos simples plaisirs triviaux.

En consommant des produits animaux, nous marquons notre accord avec ce qui se passe dans les abattoirs, qui ne sont pas plus différents d'un abattage rituel. Juste moins pire: les ratés sont courants, le rythme d'abattage est élevé et des animaux sont égorgés et dépecés alors qu'ils sont entièrement conscients de ce qui leur arrive. Les abattoirs sont un véritable enfer sur terre pour ces êtres innocents, un lieu de terreur, d'horreur et de mort. On les force à y entrer et ils en ressortent en petits morceaux. Aucun animal ne veut mourir.

En consommant des produits laitiers, nous marquons tous notre accord sur le fait qu'une vache soit inséminée artificiellement chaque année contre son gré, dans le but de produire du lait. Nous marquons notre accord sur le fait que dès que le rendement de la vache ne sera plus optimal, une mère sera envoyée à l'abattoir, parfois enceinte. Nous marquons notre accord sur le fait que le veau mis à bas pour produire du lait ne goutera pas une seule goute du lait maternel et sera envoyé à l'abattoir pour se retrouver dans notre blanquette de veau. Nous marquons notre accord pour refuser aux animaux le simple droit de vivre libre, sans être utilisés, pour notre simple plaisir.


Si vous êtes contre toute forme d'exploitation animale, si vous estimez que les animaux ne doivent pas être utilisés et abattus si ce n'est pas nécessaire, si vous voulez marquer votre désaccord, si vous êtes pour la non-violence... alors la seule option morale cohérente est de devenir vegan: c'est l'option moralement juste et c'est quelque chose de facile. Qui plus est, ce sera bon pour votre santé et pour l'environnement.

(Environ 600 moutons sont morts inutilement dans les abattoirs le temps que vous lisiez cet article)

mardi 18 octobre 2011

L'omnivore imaginaire.

En parcourant plusieurs forums ou articles sur la question animale et plus particulièrement l'alimentation carnée, j'en suis venu à me demander si l'homme est bien omnivore.

C'est une question qui m'a parue bizarre au premier abord car avant de devenir vegan, j'ai mangé de tout pendant 30 ans. Certes l'humain peut manger beaucoup de choses, comme d'autres animaux omnivores (ours, raton-laveur, rats, etc...) mais pourtant, quand on le compare aux autres animaux (l'humain fait partie du règne animal - on a tendance à l'oublier), force est de constater que son organisme est parfaitement adapté à l'alimentation végétale, que ça soit au niveau de la mastication qu'au niveau du système digestif. Dans le règne animal, nous ne présentons tout simplement aucune caractéristique omnivore ou carnivore et nous rapprochons plus des herbivores.




Nous nous définissons pourtant clairement comme omnivore de par notre habitude à consommer tous les jours des produits animaux (viande, produits laitiers et oeufs). Après tout, l'humain mange de la viande depuis la nuit des temps. Pourtant, quand on y regarde de plus près, ces produits peuvent provoquer de graves problèmes de santé à long terme. Des études scientifiques, et on ne parle pas ici d'une petite étude isolée, font de plus en plus le lien entre les produits d'origine animale et les maladies graves, dites de bien-être, qu'on ne rencontre quasiment pas dans d'autres parties du globe où ces produits sont consommés en beaucoup plus petites quantités. Les corrélations sont nombreuses ( "8.000  associations  statistiquement  significatives  mettant  en  évidence  le  rapport  entre les différents facteurs alimentaires et leurs répercussions sur la santé." -Rapport Campbell)

Pourquoi est-ce que notre organisme dit omnivore ne parvient pas à être en adéquation avec notre nourriture et nous le fait payer à long terme? J'en suis à ce jour persuadé: l'humain, à sa naissance, nait végétalien. Mais dans notre société, il a vite fait d'entrer dans cette chaine alimentaire basée sur les produits animaux : le lait de vache arrive très tôt dans son régime alimentaire par exemple et les produits carnés feront partie intégrante de sa vie. Socialement, nous sommes omnivores et continuerons à nous comporter comme des omnivores.

Pourtant... Prenons le cas du lait de vache, de nombreuses personnes y sont intolérantes. On le soupçonne même de favoriser la production d'anticorps qui, à leur tour, détruisent les cellules du pancréas produisant l'insuline, ce qui engendre le diabète de type 1 dit juvénile. Notre corps n'est pas friand des laits de provenance animale mais nous persistons malgré tout à en consommer. Nous sommes les seuls animaux qui continuons à consommer du lait après notre sevrage et, pire, nous sommes les seuls animaux à chercher à consommer le lait maternel d'une autre espèce. Doit-on dès lors s'étonner de ses effets néfastes sur notre organisme ?

Dans le cas de la viande, une trop grande consommation entrainera des problèmes de cholestérol (entre autre), pouvant mener jusqu'à la crise cardiaque ou l'a.v.c. Pourquoi donc? Pourquoi un animal dit omnivore rencontre-t-il autant de problèmes ? Pourquoi l'homme est le seul animal catalogué omnivore à être en si mauvaise santé à cause d'une partie de son alimentation ? Un ours peut manger de la viande pendant 1 mois sans en être affecté, ses artères ne s'encombreront pas de cholestérol et il ne risquera pas la crise cardiaque si il surconsomme de la chair. Mais qu'un humain mange de la viande crue pendant 1 mois, on le retrouvera à terre occupé à se tordre de douleur. Heureusement, nous avons la capacité intellectuelle qui nous permet de cuire nos aliments et nous transformons ainsi les viandes afin d'en faciliter la digestion. Mais... cela ne nous empêchera pas de le payer plus tard.

Notre sang s'acidifie à cause des protéines animales. Pour neutraliser l'acidité trop haute, notre corps a besoin de phosphate et le prélève dans la seule source de notre corps en contenant : les os. L'os est, malheureusement pour nous, composé de phosphate et de calcium et le corps, en prélevant le phosphate, prélèvera également le calcium de nos os. Résultat des courses: en occident, les cas d'ostéoporose sont beaucoup plus élevés que dans les pays consommant peu de produits animaux; je répète: en occident, où l'on consomme le plus de produits laitiers, nous avons les os beaucoup plus fragiles que dans d'autres régions du globe n'en consommant très peu ? Il n'y a pas quelque chose qui cloche là ? Pourtant les industries laitières nous rabâchent les oreilles : "le lait c'est bon pour la santé, plein de calcium! 3 produits laitiers par jour pour une bonne santé ! Pour des os solides ! " ... Mais on ne nous dit pas que le lait animal est forcément composé de protéines animales et que notre corps n'apprécie pas trop que le sang soit trop acide. Ce détail est passé sous silence.

Les industries de la viande et industries laitières sont ultra puissantes, leurs bénéfices sont mirobolants et elles ont dès lors tout intérêt à ce que le consommateur ne doute pas des effets de leurs produits sur notre santé. Elles n'hésiteront pas à rémunérer grassement des scientifiques sans scrupule pour publier des études prouvant au contraire les bienfaits de leurs produits histoire de fausser les données et perturber le consommateur qui ne saura plus que croire.

Quand on y réfléchit, qu'a-t-on à gagner en consommant leurs produits, à part du plaisir gustatif ? Si ces produits entrainent problèmes de santé, problèmes de pollution, de gaspillage d'eau et la mort de créatures innocentes : est-ce que le simple plaisir gustatif vaut-il plus que tout cela ?

Ce que les industries ont revanche à gagner en continuant à nous cacher la vérité est simple et tient en un mot : argent. Les industries pharmaceutiques sont également gagnantes dans l'affaire. Besoin d'un petit supplément de calcium ?

Les bienfaits du végétalisme sur la santé sont pourtant prouvés. La position officielle de l'association américaine de diététique et des diététiciens du canada au sujet de l'alimentation végétarienne et végétalienne est claire : 

La position de l’Association américaine de diététique et des
diététiciens du Canada est que les régimes végétariens (y compris  le  végétalisme)  menés  de  façon  appropriée  sont bons  pour  la  santé,  adéquats  sur  le  plan  nutritionnel  et bénéfiques pour la prévention et le traitement de certaines maladies.

J'entends souvent qu'il est naturel pour l'homme de consommer de la viande et produits laitiers/oeufs mais est-ce réellement naturel ? Est-ce réellement ce que notre corps demande ?

Si la question vous intéresse, je vous conseille la lecture du Rapport Campbell. C'est un livre accessible à tous, pas trop technique, la plus vaste étude internationale sur la nutrition et ses effets à long terme sur la santé. Extrait disponible ici

vendredi 5 août 2011

La pilule rouge ?


L’homme est indéniablement la créature la plus intelligente et la plus évoluée existant sur cette planète. Elle a très vite fait plier la nature à sa volonté afin de pouvoir satisfaire ses besoins de confort et de nourriture. Les étalages de nos supermarchés regorgent de viande, poisson, œufs et lait et il nous suffit de passer à la caisse afin d’assouvir notre appétit le moment venu. 

Le consommateur lambda dont j’ai fait partie ne se pose que très rarement la question de la provenance de son blanc de poulet, de son steak ou de son lait demi-écrémé, du moins pas sérieusement.
Il ignore probablement qu’à partir du moment où son argent est débité de son compte, il finance directement une impitoyable machine de mort et de torture qui le maintient depuis sa naissance dans un sommeil léthargique dont il ne se réveillera probablement jamais. De temps en temps, un consommateur lui échappe mais rien de grave, la grande partie reste sous contrôle.

"La cruauté à l’égard des animaux n’est conciliable ni avec une véritable humanité instruite, ni avec une véritable érudition. C’est un des vices les plus caractéristiques d’un peuple ignoble et brutal. Aujourd’hui, pratiquement tous les peuples sont plus ou moins barbares envers les animaux. Il est faux et grotesque de souligner à chaque occasion leur apparent haut degré de civilisation, alors que chaque jour ils tolèrent avec indifférence les cruautés les plus infâmes perpétrées contre des millions de victimes sans défense." -von Humboldt (1769-1859)

C’est un groupe de punk rock qui a déclenché ce que j’appelle ironiquement mon « réveil ». Rise Against ne faisait pas réellement partie de mes groupes préférés mais c’est en tombant par hasard sur l’un de leur clip sur Internet (1) que les premières images de notre industrie alimentaire ont déferlé devant moi : j’ai d’abord froncé les sourcils devant ces poussins transportés sur des tapis roulants mais mon cœur s’est rapidement mis à battre la chamade lorsque sont apparues les scènes de désolation et de mort infligées aux animaux. A la fin du clip, j’étais littéralement en état de choc. Un quart d’heure plus tard, un vidéo reportage m’ouvrait les portes des abattoirs et j’ai alors su au plus profond de mon être que je ne mangerai plus jamais de viande de ma vie.

"Choisis la pilule bleue et tout s'arrête, après tu pourra faire de beaux rêves et penser ce que tu veux... Choisis la pilule rouge, tu restes au pays des merveilles et on descend avec le lapin blanc au fond du gouffre.

N'oublie pas, je ne t'offre que la vérité, rien de plus.
" -Matrix

Rise Against, grâce à leur clip, m’a proposé le choix entre la pilule bleue et la pilule rouge. La pilule bleue revenait à fermer les yeux devant ces atrocités et à continuer à financer le massacre grâce à mon argent de consommateur. La pilule rouge me sortait de mon sommeil et m’ouvrait à un autre mode d’alimentation.
Je suis aujourd’hui vegan après avoir transité du végétarisme, car j'ai découvert que le végétarisme n'est pas une base morale suffisante si on est contre l'exploitation des animaux et le véganisme ne demande pas plus d'efforts que le végétarisme.

« Jadis, le fait de croire que les hommes de couleur étaient vraiment des hommes et devaient être traités humainement passait pour une folie. Aujourd’hui, on considère comme exagéré de prétendre qu’un des devoirs imposés par l’éthique rationnelle est de respecter ce qui vit, même dans ses formes inférieures. Mais un jour, on s’étonnera qu’il ait fallu autant de temps à l’humanité pour admettre que des déprédations insouciantes causées à ce qui vit sont incompatibles avec l’éthique. » -Schweitzer Albert, 1875-1965. Prix Nobel de la Paix.

Être vegan à notre époque n’est pas chose aisée. Non pas à cause de la difficulté de se nourrir ou s'habiller autrement (il est très facile de progressivement se trouver de quoi manger autrement et de rester en bonne santé une fois qu’on cherche un minimum, quoi qu’en disent les éternels sceptiques) mais bien de rester stoïque lorsque tout autour de soi nous rappelle l’horreur.

Ma vision du monde a changé. J’ai été littéralement traumatisé par ce que j’ai vu. Là où Monsieur ou Madame tout le monde ne voit qu’un simple morceau de viande emballé sous cellophane, une simple brique de lait, une simple boite de 6 œufs, je vois en permanence tout ce qui se cache derrière : l’esclavagisme, la torture, la souffrance, la cruauté sans nom et la mort. J’ai aujourd’hui une colère permanente au fond de moi, je peux parfois la sentir monter juste en regardant quelqu’un manger un sandwich au jambon ou même en observant simplement les gens dans le bus. J’ai envie de crier aux gens autour de moi qu’ils doivent se réveiller.

"J'ai rejeté la viande depuis très tôt dans mon enfance et le temps viendra où les hommes, comme moi, regarderont le meurtre des animaux comme ils regardent maintenant le meurtre de leurs semblables." –Léonard De Vinci (1452-1519)

Mais l’humanité continue de dormir. Je m’interroge chaque jour sur la nature de l’être humain, j’en perds parfois le sommeil, je suis révolté. La majorité d’entre nous n’est pas au courant du traitement réservé aux animaux et je voudrai les inviter ici à se remettre sérieusement en question. Mais je me dis qu’il existe aussi des personnes qui sont très bien au courant et qui malgré tout continuent à financer en toute connaissance de cause ces horreurs. Le silence des médias sur le sujet est aberrant. 

« C’est la vie », « L’homme a toujours mangé de la viande », « Nous sommes supérieurs aux animaux, c’est la chaine alimentaire », « Moi, j’aime le gout de la viande et je m’en fous », « Je serai en mauvaise santé si je ne mange pas de viande », « Les légumes aussi souffrent », « Bientôt on ne pourra même plus respirer si on vous écoute »  sont les arguments classiques rencontrés (2). On y retrouve de la désinformation, de la moquerie, du dédain, du je-m’en-fous-tisme et autre. La désinformation étant parfois « soignable », rien de plus difficile par contre que de discuter avec certaines personnes fermées à tout débat. "Il n’y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre."

L'humain a peur de l'inconnu. Certaines personnes se diront que de toute façon, devenir vegan ne changera rien, que le monde sera toujours le même, qu’on sera toujours une infime portion de vegan. Je trouve que c’est baisser les bras très vite, que c’est d’abandonner le combat avant de l’avoir commencé. Les révolutions ne se sont jamais faites en un jour. Il faut dénoncer, il faut en parler, le consommateur doit agir ou rien ne changera jamais et cette planète restera un véritable enfer pour le règne animal. 

Si chacun d’entre nous devait lui-même abattre, dépecer et charcuter un animal pour avoir sa portion de viande le soir dans son assiette ou sa veste en cuir, voler le veau de la vache laitière afin d'avoir du lait, tuer ce veau pour avoir du fromage, etc... le nombre de vegan augmenterait astronomiquement. Mais aujourd’hui, nous fermons les yeux, nous nous bouchons les oreilles et payons des monstres pour le faire à notre place. En acceptant cela, en continuant à acheter viande-poisson-produits laitiers-oeufs, en continuant à aller au zoo, en porter du cuir, de la laine, de la fourrure ou autre, le consommateur approuvera par son financement direct le massacre, la torture, l'esclavagisme des animaux pour nos plaisirs triviaux. Et nous resterons des monstres sous nos faux airs d'êtres "évolués".

J’utilise encore une fois une référence au film Matrix, dans lequel l’agent Smith, un programme, définit selon moi l’homme de la meilleure manière qu'il soit :

« Je souhaiterais vous faire part d’une révélation surprenante, j’ai longtemps observé les humains, et ce qui m’est apparu quand j’ai tenté de qualifier votre espèce, c’est que vous n’étiez pas réellement des mammifères… Tous les mammifères sur cette planète ont contribué au développement naturel d’un équilibre avec le reste de leur environnement, mais vous les humains vous êtes différents. Vous vous installez quelque part, et vous vous multipliez, vous vous multipliez, jusqu’à ce que toute vos ressources naturelles soit épuisées, et votre espoir de réussir à survivre, c’est de vous déplacer jusqu’à un autre endroit…
Il y a d’autres organismes sur cette planète qui ont adopté cette méthode, vous savez lesquels ?... Les virus... Les humains sont une maladie contagieuse, le cancer de cette planète, vous êtes la peste et nous, nous somme l’antidote
. » -Matrix

Je suis bien conscient que ce que j’ai mis par écrit ici n’est pas parfait, sûrement maladroit, que d’innombrables trolls ne manqueront pas de laisser des commentaires moqueurs mais je ne peux rester silencieux face à ce qui est pour moi un meurtre de masse journalier. Si j’ai pu convaincre ne serait-ce qu'une seule personne de prendre cette pilule rouge, alors tant mieux.

Ceci est un plaidoyer pour ceux qui n’ont aucun moyen de nous communiquer leur souffrance, si ce n’est par leur cri de douleur, mais beaucoup d’entre nous préfèrent encore se boucher les oreilles. 

« La cause des animaux passe avant le souci de me ridiculiser. » -Emile Zola

Le véganisme n'est pas une chose difficile. Cela demande simplement de briser cette barrière que l'on a en nous, qui nous fait croire que consommer et utiliser des animaux pour nos plaisirs triviaux est moralement justifiable. Qui plus est, c'est bon pour l'environnement et pour la santé. C'est surtout la chose moralement juste à faire si on est pour les droits des animaux à ne pas être utilisés, à ne pas être la propriété des hommes.

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Très bons sites d'informations :






                      Et quelques statistiques en vrac : 

                       



                      83,776 poulets
                      1,217 dindes
                      4,040 canards

                      2,292 cochons
                      524 bovins
                      907 moutons
                      1,891 lapins

                      Nombre d'animaux tués dans le monde par les industries de la viande, du lait et des oeufs depuis que vous avez ouvert cette page. Ce compteur n'inclut pas les milliards de poissons et autres animaux de la mer tués annuellement. Il est basé sur les statistiques de 2007 de la FAO (Food and Agriculture Organization of the United Nations).
                      Animal Kill Counter by sfvegan.org



                      (1) Rise Against - Ready to Fall