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mercredi 20 juin 2012

[Traduction] Le vegan confus

(Traduction de l'article "The confused Vegan" d'Emmy)

Durant les premières années de mon véganisme, j'étais une personne très confuse.

Je croyais en la promotion du véganisme et était passionnée par les droits des animaux. J'étais membre de Peta2 (PETA pour jeunes), et je les supportais, ainsi que quelques autres grandes organisations de "Droits des animaux". Cependant, beaucoup de leurs actions me laissaient perplexe.


Lorsque SAFE en Nouvelle Zélande a diffusé à la tv le reportage undercover sur l'élevage intensif, je ne pensais pas que c'était une bonne chose. Car il n'y avait aucune mention du véganisme. Seulement la promotion des produits animaux plein-air.

Lorsque PETA a fait campagne contre KFC pour l'utilisation de l'"abattage à atmosphère contrôlée" sur leurs poulets au lieu de leur trancher la gorge, je ne pensais pas que c'était correct. Les poulets perdaient quand même la vie, de toute façon.


Un jour sur les forums Peta2, un fermier se plaignait que nous essayions de lui faire faire faillite. J'étais la première personne à laisser un commentaire, et j'ai dit que je ne cautionnais simplement pas la violence, et que les vies de ces animaux leur étaient tout aussi importantes que les nôtres à nos yeux. Tous les autres sur le forum, cependant, lui ont assuré qu'ils aimaient les petites fermes familiales où les animaux étaient bien traités, et que c'étaient seulement les grandes exploitations industrielles qu'ils essayaient de faire fermer. Je me suis en réalité sentie embarrassée, et je me suis demandée si j'avais dit ce qu'il ne fallait pas.

Est-ce que j'étais une mauvaise militante pour les droits des animaux car je ne cautionnais pas les campagnes de PETA ou SAFE ? Est-ce que je devrai faire la promotion des campagnes de bien-être comme eux ? Je ne pensais pas que ça aiderait les animaux, car ils seraient de toute manière abattus au final, mais on dirait que c'était ce pour quoi tous les vegans et les militants des droits des animaux faisaient campagne. J'étais vraiment très confuse.


Et puis un jour, je suis tombée sur le Professeur Gary Francione sur Twitter. Après avoir lu certains de ses "tweets" je me suis dit, Enfin, quelqu'un qui est logique ! Quelqu'un faisant campagne pour la fin de l'utilisation animale - pas pour un meilleur traitement! J'ai ensuite découvert l'approche abolitionniste des droits des animaux. J'ai rencontré d'autres vegan abolitionnistes sur Twitter. Et soudainement, je ne me sentais plus seule, ou je ne pensais plus être dans le faux.

Maintenant je me demande; combien d'autres personnes ressentent la même chose que moi à l'époque ? Combien de vegan confus supportent PETA et autres parce qu'ils sont soit-disant pour les "droits des animaux", mais ne sont pas d'accord avec leurs campagnes ? Combien de végétariens n'ont pas entendu parler du véganisme car personne ne leur en a parlé ? Combien d'omnivores qui paient de l'argent supplémentaire pour acheter des produits plein-air en pensant aider les animaux ?

C'est la raison pour laquelle je pousse les gens à faire la promotion du véganisme, et à encourager les autres à le promouvoir aussi. Vous n'avez pas besoin de faire partie d'une grande organisation pour le bien-être des animaux pour aider les autres animaux. Parlez aux autres du véganisme, et ne promouvez que le véganisme. Les gens peuvent décider eux-même s'ils opteront pour le plein-air, le végétarisme, ou le véganisme après que vous leur en ayez parlé, mais je ne compromets jamais mon message et ne déclare que rien de moins que le véganisme est ok -- ca serait tout simplement spéciste.

Depuis que je suis devenue vegan à 13 ans, j'ai toujours cru à la promotion du véganisme. J'ai toujours vu ça du point de vue de l'animal. Si c'était moi à l'abattoir, si j'étais esclave d'une autre espèce, peu m'importerait une plus grande cage ou d'être gazée à mort au lieu d'avoir la gorge tranchée. Ce que je désirerai le plus, et ce que j'espérerai pour le futur de mes enfants, serait de ne plus être considérée comme la propriété de quelqu'un d'autre. Un individu au contrôle de sa propre vie.

Libre.

Emmy

vendredi 4 mai 2012

Le cannibalisme au secours de la planète.


Il y a quelques mois, le New York Times lançait un challenge à ses lecteurs : « Dites-nous pourquoi il est éthique de manger de la viande ».

Les lecteurs étaient invités à présenter leur argumentation sur base d’un essai (pas plus de 600 mots en l’occurrence) avant le 8 avril 2012. Un groupe de jurés ‘implacables’ composé de Peter Singer, Michael Pollan, Jonathan Safran Foer, Mark Bittman et Andrew Light sélectionnerait alors le meilleur essai qui serait ensuite publié dans le prochain numéro du New York Times.

L’attente insoutenable est maintenant terminée et les défenseurs des droits des animaux peuvent depuis hier découvrir l’essai qui devrait les convaincre qu’ils se trompent en réalité depuis toujours par rapport aux animaux non-humains, de se ruer vers le Mcdo le plus proche et de se repentir devant leurs proches en leur annonçant honteusement qu'ils avaient tort depuis toujours.

J’ai pris la peine (le mot est faible) de traduire cet essai :

En tant que végétarien qui est retourné à la consommation de viande, la question « Est-il éthique de manger de la viande ? » trotte constamment dans ma tête et dans mon cœur. Les raisons pour lesquelles je suis devenu végétarien, puis vegan et pour finir à nouveau un mangeur de viande consciencieux furent toutes éthiques. Les raisons éthiques pour ne PAS manger de la viande sont évidentes : les animaux sont élevés et tués dans des conditions cruelles ; les céréales qui pourraient nourrir les gens mourant de faim sont données aux animaux ; le besoin de terres nourrit la déforestation ; et en mangeant de la viande, on est responsable de la mort d’un être sentient. Excepté le dernier point, cependant, aucun de ces aspects de la consommation de viande sont implicites en mangeant de la viande, et pourtant ils sont exactement ce qui rendent la consommation de certaines viandes immoral. Ce qui m’amène à mon argument principal : manger de la viande élevée dans des circonstances spécifiques est éthique ; manger de la viande élevée en d’autres circonstances est immoral. Tout comme manger des végétaux, du tofu ou des céréales produits dans des circonstances spécifiques est éthique et immoral en d’autres circonstances.

Quels sont ces moyens « justes » et « immoraux » de produire de la nourriture aussi bien animale que végétale ? Selon moi, ils sont  résumés le plus succintement dans l’éthique d’Aldo Léopold : « Une chose est juste lorsqu’elle tend à préserver l’intégrité, la stabilité et la beauté de la communauté biotique. Elle est immorale lorsque elle tend à faire l’inverse. »  En étudiant l’agro-écologie au College Prescott en Arizona, j’étais convaincu que si ce que vous cherchez à accomplir par un régime alimentaire « éthique » est l’impact le moins destructeur dans son ensemble sur cette planète, alors en certaines circonstances, comme vivre dans les prairies sèches et broussailleuses d’Arizona, manger de la viande est, en fait, la chose la plus éthique que vous puissiez faire à part subsister par des haricots tepary et des pignons de noix. Une vache bien-élevée, en plein-air, est capable de transformer la lumière du soleil capturée par les plantes en calories condensées et en protéines à l’aide des microorganismes dans son intestin. Soleil > plantes diverses > vache > humain. Ceci, dans une perspective éthique plus grande, semble bien plus propre que le schéma imbibé de fossiles combustibles du champ labouré par tracteur >  monoculture de soja irriguée > récolte par tracteur > traitement > tofu > expédition > humain.

Bien que la plupart de la production de viande d’aujourd’hui soit un effort écologiquement insensé et éthiquement immoral, heureusement cela change, et on trouve bon nombre d’exemples de systèmes écologiquement bénéfiques, basés sur le pâturage.  Le fait est que la plupart des agro-écologistes s’accordent sur le fait que les animaux font partie intégrante d’un système agricole réellement durable. Ils sont capables de faire passer des nutriments, d’aider au maintien des terres et de convertir le soleil en nourriture de manières qui sont presque impossibles pour nous à faire sans énergie fossile. Si « éthique » est défini comme vivre de la manière la plus bénigne écologiquement possible , alors dans des circonstances assez spécifiques, pour lesquelles chaque consommateur doit s’éduquer, manger de la viande est éthique ; en fait ne PAS manger de la viande pourrait sans doute être contraire à l’éthique.

La question du meurtre d’un être sentient, cependant, subsiste. A cela, chaque être humain doit réagir en se demandant : suis-je prêt à diviser le monde en ce que j’ai estimé être digne d’être épargné par l’inévitable et ce qui ne l’est pas ? Ou une telle division est-elle désespérément artificielle ? Un poème de Wislawa Szymborska, « Eloge de la mauvaise opinion de soi », vient à l’esprit. Il finit par :

Quoi de plus animal
Que la conscience tranquille
Sur la troisième planète du soleil

Selon moi, manger de la viande est éthique lorsqu’on fait 3 choses. Premièrement, vous acceptez la réalité biologique que la mort engendre la vie sur cette planète et que toute vie (dont nous !) est en fait juste de l’énergie solaire temporairement stockée sous une forme transitoire. Deuxièmement, vous combinez cette réalisation avec ce trait humain chéri qu’est la compassion et vous choisissez de la nourriture créée éthiquement, végétaux, céréales et/ou viande. Et troisièmement, vous rendez grâce.

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BOUM ! In your face les vegans.

Voilà donc l’essai ayant récolté l’approbation de ce jury implacable. 

Bon, cet essai transpire évidemment le spécisme par tous ses pores et je n'ose pas consulter les essais en 2e et 3e place vu le risque de fou rire et de douleur à la mâchoire en résultant, mais passons. Doit-on un seul instant être surpris par le contenu de cet essai si on examine deux secondes la composition de ce jury ? Peter Singer, le père de la libération animale, est également le père du mouvement de la viande heureuse, Jonathan Safran Foer, auteur de « Doit-on manger les animaux ? » et Michael Pollan, auteur de « The Omnivore’s Dilemna » ne dénoncent en soi que l’élevage intensif et la ‘cruauté excessive’ infligée aux animaux non-humains. (Je ne sais pas qui sont Mark Bittman et Andrew Light).

Jay Bost, auteur de l’essai gagnant, se décrit comme un ex-végétarien et vegan ayant décidé de remanger de la viande. Bost insiste sur le fait que chacune de ses décisions étaient éthiques. Ce n’est pas surprenant considérant que son travail s’articule autour de l’environnement.

Tout au long de l’essai, il omet de parler du problème moral de l’exploitation et de l’utilisation d’êtres sentients. De son point de vue, un animal est égal à une plante, les deux ne semblent être que des éléments agricoles ; élever un animal et le tuer ne semble pas différent de faire pousser des patates et les récolter. La question éthique ne repose pas sur l’utilisation en soi mais sur la manière dont ces éléments sont utilisés. Rien de neuf sous le soleil d’Arizona : l’animal est une matière première pour l’homme, l’important est que ça se passe éthiquement, surtout du point de vue écologique apparemment.

Vu sa définition très personnelle et spécifique de ce qu’est l’éthique, on est en droit de se demander si dans un cas de surpopulation humaine par exemple (n’est-ce pas déjà le cas ?), ne serait-il pas éthique de consommer des humains ? L’homme est après tout un véritable fléau pour cette planète. Peut-être que le cannibalisme deviendrait une option viable vu son effet global positif sur l’environnement et la communauté biotique ? Et peut-être qu’on pourrait dès lors argumenter, comme Bost, que ne PAS consommer d’humains pourrait en réalité être contraire à l’éthique.

Il me semble en effet que, dans une perspective éthique plus grande, si chaque humain en mangeait dix cela semblerait bien plus propre que le schéma imbibé de fossiles combustibles du champ labouré par tracteur >  monoculture de soja irriguée > récolte par tracteur > traitement > tofu > expédition > humain. Alors qu'avec le cannibalisme ce serait plutôt soleil > plantes diverses > humain > humain.

L’important dans le cannibalisme, c’est de réaliser ces 3 choses : se rendre compte que la mort engendre la vie, que c’est une réalité biologique et que nous ne sommes en réalité que de l’énergie solaire temporairement stockée sous une forme transitoire ; qu’en tant que personne remplie de compassion, il faut choisir des végétaux, céréales et/ou humains qui ont eu une belle vie et ont étés élevés éthiquement ; et en fin de compte, de rendre grâce devant votre repas. Je suis sûr que Bost comprendrait.

lundi 23 janvier 2012

[Traduction] Qu'est-ce qui ne va pas avec les oeufs ?

(Traduction de l'article de Maya Shlayen, "What’s wrong with eating eggs?")


Elevage


Toutes les poules utilisées pour la ponte – incluant les poules d’arrière-cour et soi-disant ‘plein-air’ – débutent leur vie dans un endroit appelé un couvoir (NDT : même si on peut raisonnablement avancer que la majorité des poules naissent dans un couvoir, ce n'est néanmoins pas le cas pour toutes les poules.)


Lorsque les oiseaux sont mis au monde pour la ponte dans ces endroits, la moitié d’entre eux sont nés mâle. D’aucune utilité pour l’industrie des œufs, et incapables de grandir assez vite pour être profitable pour la viande (une autre souche d’oiseaux, connus sous l’appellation ‘poulets de chair’, est utilisée à cette fin), les poussins mâles sont séparés de leurs sœurs et immédiatement tués. Les méthodes les plus courantes d’abattage consistent notamment à broyer leurs corps, ou les jeter – encore vivants et conscients – dans des poubelles géantes, où on les laisse mourir de faim et/ou de suffocation.

 Les coqs (poussins mâles), d’aucune utilité pour l’industrie des œufs, sont ‘écartés’ comme déchet, mourant de faim et/ou suffocant.


Pour chaque poule pondeuse existante, il y a un poussin mâle qu’on a fait venir au monde, seulement pour être immédiatement privé de vie.


De beaucoup de façons, l’abattage des poussins mâles dans les couvoirs illustre vivement ce qui ne va pas dans notre relation avec les non-humains. Les normes sociales et légales en vigueur encadrant les non-humains sont telles que leurs vies n’ont aucune valeur intrinsèque ; ils ont seulement une valeur économique. Leurs vies ne valent que l’argent qu’ils permettent d’engranger – pour nous. Lorsqu’aucun profit ne peut être tiré en leur permettant de vivre, nous les ‘écartons’ immédiatement, comme des serviettes sales. 


Utilisation


Le poulet domestique est un descendant direct d’un oiseau connu sous le nom de Coq Sauvage, dont on pense qu’il soit originaire d’Asie du Sud-est.


Contrairement au Coq Sauvage, qui ne pond que quelques œufs par an, les poules domestiques ont été manipulées par les humains pour pondre jusqu’à 300 œufs (non fécondés) par an. Pour une poule, pondre un œuf non fécondé est l’équivalent biologique de la menstruation des femmes humaines – c’est ce que font leurs corps en absence de fécondation. Puisque le corps féminin normal (dans une tranche d’âge particulière) est supposé être prêt pour concevoir, et puisque la conception exigerait de transmettre des nutriments au zygote/fœtus/bébé, le corps féminin est continuellement chargé de nutriment supplémentaire qui, en l’absence de conception, est alors « relâché » (via la menstruation ou la ponte d’un œuf non fécondé). Par exemple, les femmes humaines en âge de reproduction ont besoin de 18mg de fer quotidiennement, comparé aux hommes (et femmes par encore en âge de reproduction) qui n’ont seulement besoin de 8 mg quotidiennement. Du fer supplémentaire est requis pour compenser les pertes chaque mois.

Tout comme un flux menstruel élevé représenterait un fardeau pour la santé d’une femme humaine, le taux astronomiquement élevé de ponte représente un fardeau pour la santé des poules. Le calcium en particulier semble être perdu par la ponte élevée, ce qui expliquerait pourquoi une mauvaise santé des os est courante.

(NDT : ces paragraphes concernant le rythme de ponte sont incorrects d'un point de vue biologique. Voir la correction détaillée dans le commentaire laissé suite à l'article)

Ce dilemme – notre désir d’obtenir autant d’œufs que possible vs la santé des poules et leur autonomie physique – est un exemple classique du problème de l’utilisation animale et de la domestication en général. Toutes nos utilisations d’animaux – peu importe si c’est « humain » -- impliquent nécessairement de brader leurs intérêts (peu importe leur importance) pour notre gain. La domestication est un contrat social que les animaux ne signent pas (nous les amenons dans ce bourbier), et qui exige nécessairement une dynamique d’exploitation entre eux et nous. Nous les faisons venir au monde comme des êtres vulnérables (les animaux ‘domestiqués’ ne pourraient pas survivre de manière indépendante dans la nature), et ensuite nous commençons leur exploitation pour diverses raisons.


Les corps des non-humains n’existent pas pour l’utilisation et la gratification des humains. Nous ne pouvons pas justifier la ‘domestication’ et l’utilisation des corps d’animaux vulnérables pour notre profit, pas plus que nous pouvons justifier les abus sexuels sur enfants. Tout comme il n’y a pas de manière « juste » ou « compassionnelle » pour molester les enfants, il n’y a pas de manière « non abusive » d’exploiter des animaux vulnérables pour le profit humain.


Si vous vous occupez de poules secourues, faites leur une faveur et ouvrez leurs propres œufs devant elles – elles les mangeront ! Manger leurs propres œufs permet aux poules de regagner beaucoup des nutriments que leurs corps perdent en étant forcées de pondre tant d’œufs au départ. Manger leurs oeufs (les humains) – même dans des situations d’arrière-cour – est problématique car cela les prive de nutriments dont elles bénéficieraient.


Traitement


Bien qu’un meilleur traitement ne résoudrait pas le problème basique qu’est l’utilisation des non-humains comme moyens pour nos fins, la réalité est que toute ‘production’ d’œufs – incluant ‘plein-air’, ‘au sol’, etc – implique la torture de poules.


La raison est simple : les animaux sont des marchandises économiques. Mieux les traiter – en leur donnant plus d’espace, un accès à l’extérieur, etc – couterait beaucoup d’argent. Dans un monde de 7 milliards d’humains affamés, il n’y a tout simplement aucune manière abordable de ‘produire’ assez d’œufs tout en traitant les poules ‘soigneusement’.


La méthode de ‘production’ d’oeufs la plus courante est le système de cage, où les poules sont maintenues dans des cages en grillage métallique. Etant donné l’équivalent d’une feuille de papier sur laquelle vivre leur vie entière, le stress psychologique extrême de la surpopulation conduit souvent à des coups de bec, à des bagarres, et même au cannibalisme. Leurs pattes et leurs têtes se retrouvent souvent coincés entre les grilles des cages, entrainant chez beaucoup d’oiseaux une mort lente de faim et de soif. Un manque d’exercice, combiné à la fuite de devoir pondre un nombre obscène d’œufs, conduit souvent à une santé osseuse fragile et même à l’ostéoporose.


Poules entassées dans des cages à ponte. Notez les os fragiles et la perte de plumes, provoqué par la dépravation physique et les lourdes exigences de ponte.

Les alternatives aux cages à ponte – tels que les systèmes sans cage ou plein air – ne sont rien de moins que des labels de marketing, et ne confèrent pas de bénéfices au bien-être des animaux. La ‘production’ au sol, par exemple, implique l’entassement de centaines de milliers d’oiseaux dans un hangar géant. Les cages individuelles sont remplacées par une cage géante, et la surpopulation est toute aussi mauvaise. Les combats et le cannibalisme sont répandus, et le manque d’espace signifie que les oiseaux pissent, chient, et se marchent dessus.


‘Plein-air’ est également un label dénué de sens. Il n’y a aucune définition légalement approuvée (ou exécutoire) de ‘plein-air’. En fait, les œufs commercialisés comme ‘plein-air’ impliquent de la violence et exploitation identique aux méthodes conventionnelles : 




Abattage


Le mythe végétarien – que le lait et les oeufs n’entraînent pas l’abattage – est tout simplement cela. Comme tous les animaux ‘de ferme’, les poules pondeuses sont dans l’antichambre de la mort. Elles sont maintenues en vie seulement aussi longtemps qu’il soit profitable de les maintenir en vie. Lorsque le cout de nourriture dépasse le bénéfice dérivé de leur ‘production’ d’œufs (toujours à une fraction de leur durée de vie naturelle), elles sont abattues.


Conclusion


La plupart des gens acceptent déjà les idées de base qui devraient les mener – seuls – au véganisme. Nous sommes tous d’accord qu’il est immoral d’infliger souffrance et mort ‘dispensables’ aux animaux. Mais manger des animaux et produits animaux (ou les porter, les utiliser, etc) n’est pas nécessaire :


"La  position  de  l’Association  américaine   de   diététique   est   que   les  alimentations    végétariennes    bien conçues  (y  compris  végétaliennes) sont bonnes pour la santé, adéquates sur  le  plan  nutritionnel  et  peuvent être bénéfiques pour la prévention et le traitement de certaines maladies. Les    alimentations    végétariennes bien conçues sont appropriées à tous les âges de la vie, y compris pendant la  grossesse,  l’allaitement,  la  petite enfance,  l’enfance  et  l’adolescence, ainsi que pour les sportifs."


En effet, nous acceptons tous que les animaux sont quelqu’un, par opposition à quelque chose.
L’élevage et l’utilisation de poules pour la ponte, avec tout ce que cela implique (santé compromise, souffrance, et mort), est une violation de leur droit à l’autonomie corporelle. Cela implique nécessairement de traiter des êtres sentients comme s’ils étaient des objets – quelque chose qui va à l’encontre des normes morales que la plupart d’entre nous prétendent accepter. Le véganisme comble la déconnexion morale en prenant à cœur la notion que les animaux sont quelqu’un par opposition à quelque chose.


La bonne nouvelle est que, au 21e siècle, vous pouvez préparer votre propre gâteau vegan et le manger. Vous n’avez pas besoin d’œufs pour faire de délicieux gateaux, biscuits et cupcakes !


D’autres plats traditionnels peuvent également être préparés sans œufs :










~


Si vous n’êtes pas vegan, envisagez s’il-vous-plaît de le devenir. Si il est immoral d’infliger souffrance et mort ‘dispensable’ aux animaux, alors – par définition – nous ne pouvons pas justifier de manger, porter, ou utiliser des animaux et produits animaux pour nos papilles gustatives, notre confort, notre sens de l’habitude, etc.


« Le véganisme ne revient pas à abandonner quoi que ce soit ou perdre quoi que ce soit. Cela revient à gagner la paix en vous qui provient de l’adoption de la non-violence et du refus de participer à l’exploitation des vulnérables. Le véganisme n’est pas un ‘sacrifice’. C’est une joie. » -- Gary L. Francione

lundi 28 novembre 2011

[Traduction] Qu'est-ce qui ne va pas avec le végétarisme ?

(Traduction de l'essai de Dan Cudahy, avec son accord, "What is wrong with vegetarianism")

Qu’est-ce qui ne va pas avec le végétarisme ?

Le mot « végétarien » fut introduit durant la moitié du 19e siècle. Depuis lors, il décrit une personne qui exclut la chair des mammifères, oiseaux et poissons de son régime alimentaire, mais inclut d’autres produits provenant des mammifères et oiseaux ; plus particulièrement le lait maternel des vaches et les œufs de poules. Dans cet essai, quand j’utiliserai le mot « végétarien » ou « végétarisme », je parlerai d’une personne (ou pratique) qui inclut des produits laitiers et des œufs dans son régime alimentaire.

Par contraste avec les végétariens, les vegans excluent tous les produits animaux de leur régime alimentaire. En plus, les vegans n’utilisent pas d’animaux comme ressource ou marchandises (par ex. : ils n’exploitent pas les animaux) pour quelque raison que ce soit (habillement, divertissement, ou par profit ou gain de quelque manière que ce soit (peu importe si c’est « humain »). Essentiellement, les vegans laissent les animaux tranquilles, excepté quand il s’agit de sauvetage de victimes de l’agriculture animale, de l’industrie des « animaux de compagnie », et autres formes d’exploitation qui leur sont imposées par les hommes.

Les problèmes moraux du végétarisme.

Beaucoup de personnes sont végétariennes par raisons éthiques. Elles sont contre le traitement qu’on inflige aux animaux dans l’agriculture ou contre leur abattage intentionnel, ou les deux. Paradoxalement, malgré leurs objections au traitement ou à l’abattage intentionnel des animaux, elles continuent de consommer des produits laitiers et œufs, qui, comme nous le verront plus bas, contribuent certainement plus à la souffrance et sans doute tout autant à l’abattage intentionnel des animaux que la consommation de produits carnés. En fait, dans la mesure où un végétarien remplace les calories de la viande par les calories des produits laitiers et œufs, le végétarien a augmenté son ou sa contribution à la souffrance animale.

Les œufs « plein air »

Considérons la vie des poules vivant en « plein air ». Les producteurs d’œufs « plein air » achètent généralement des poules pondeuses des mêmes couvoirs que les producteurs d’œufs traditionnels. La moitié des poussins nés dans les couvoirs sont des mâles dont on « se sépare » souvent de manière cruelle, cela inclut d’être jetés vivants dans des machines qui broient leurs corps ou dans des sacs poubelles et/ou de grandes bennes à ordure où soit ils meurent de faim soit suffoquent jusqu’à ce que mort s’en suive. En outre, puisque les « poules pondeuses » ne sont plus assez productives après 2 ans, elles sont envoyées à l’abattoir à ce moment-là. L’industrie des œufs « plein air » s’appuie fortement sur une routine d’abattage en masse d’animaux pour être économiquement viable.

La vie des poules pondeuses « plein air » avant leur abattage est généralement un enfer sur terre. Le label « plein air » veut seulement dire que les oiseaux peuvent avoir certains accès à l’extérieur, même si c’est une fraction minuscule de l’espace du grand hangar dans lequel ils vivent. A cause de la surpopulation intense dans ces hangars, et parce que les oiseaux sont des animaux sociaux qui ont littéralement un ordre hiérarchique, leurs becs sensibles sont tranchés à l’aide d’une lame ébouillantée (pour cautériser le flux sanguin) afin qu’ils ne puissent pas se blesser en essayant d’établir un ordre hiérarchique impossible dans de telles conditions de surpopulation. 

Les conditions de vie dans un établissement « plein air » classique incluent de la crasse avec des sols remplis d’excréments sur lesquels les poules vivent ainsi qu’une qualité de l’air extrêmement mauvaise à cause du manque de ventilation.

Au-delà de ces conditions de vie difficiles, les poules ont été génétiquement manipulées pour être extrêmement productives dans la ponte d’œufs, ce qui a pour résultat qu’elles sont en moins bonne santé que les poules traditionnelles. Leur santé fragile est largement due au fait que les poules qui ne sont pas exploitées mangent la plupart de leurs œufs (dans des conditions naturelles, seule une petite portion des œufs arrivent à l’éclosion) afin de récupérer les nutriments qu’elles perdent dans les œufs qu’elles produisent. Quand on leur prend leurs œufs, elles perdent alors cette possibilité. Génétiquement modifiées, les poules pondeuses intensives perdent encore plus de nutriments et finissent en pire santé car elles produisent plus d’œufs pour les humains que les poules traditionnelles.

La production d’œuf des poules est à son sommet lorsqu’elles ont plus ou moins 7 mois et diminue nettement à plus ou moins 15 mois. Pour obtenir 6 mois supplémentaires de ponte, les producteurs « plein air » vont alors utiliser une pratique appelée « mue forcée » pour imiter les conditions d’une transition hiver-printemps. Durant la « mue forcée », on affame les poules durant plusieurs jours (jusqu’à 14 jours) et on estompe la lumière dans les hangars. Les poules peuvent perdre jusqu’à 30% de leur poids durant ce processus de famine et certaines poules plus faibles –déjà en malnutrition de pas pouvoir consommer leurs propres œufs- finissent par mourir. Plusieurs semaines après la fin de la « mue forcée », la production retourne à un niveau normal.

Après que les poules « plein air » soient « usées », condition dans laquelle elles ne peuvent plus produire d’œufs à un rythme économiquement viable et lorsque leur santé s’est considérablement détériorée à cause des conditions de vie misérables et à l’impossibilité de récupérer leurs nutriments, elles sont transportées à l’abattoir. Le transport et l’abattage peuvent tous les deux être la pire cruauté que les poules aient jamais connues. Elles sont très fragiles, de même que leurs os, du fait d’avoir tant donné sans pouvoir récupérer. Quand on les manipule brutalement pour le transport et l’abattage, leurs os se brisent souvent. Par ailleurs, les poules pondeuses ne sont généralement pas utilisées pour la consommation humaine ; leur viande est souvent de très pauvre qualité à cause de leur mauvaise santé. 

Les poules « plein air » finissent dans les mêmes abattoirs que tout autre poulet où elles sont souvent torturées intentionnellement, jetées contre les murs ou piétinées, par des travailleurs frustrés par les mauvaises conditions de travail et le salaire trop bas. Même si les poules « plein air » ne sont pas intentionnellement torturées, certaines résistent au bain électrique « étourdissant » et à l’égorgeur (en tentant de se débattre attachées par des fers la tête en bas) et à la place sont ébouillantées vivant dans le réservoir dé-plumeur (échaudage).

La production d’œufs commercialement viable, peu importe le label (« plein air », « au sol », ou « bio »), est extrêmement cruelle envers les poules. Comme mentionné plus haut, les poules qui ne sont pas exploitées mangent la plupart de leurs œufs comme moyen naturel de récupérer la plupart des nutriments qu’elles perdent par la ponte. Même si on imaginait les meilleures conditions imaginables, comme un sanctuaire ou dans la nature, prendre leurs œufs est mauvais pour leur santé et c’est de l’exploitation. Quand on additionne les conditions de vie extrêmement cruelles que les poules pondeuses endurent à l’abattage de masse qui est requis pour que la production reste économiquement viable, la consommation d’œufs n’a tout simplement aucun sens pour toute personne concernée par le traitement ou l’abattage des animaux.[1]

Le lait « bio »

Tous comme les humains et autres mammifères, les vaches doivent être enceinte pour produire du lait. Les vaches laitières « bio » sont ainsi maintes fois inséminées, la plupart du temps à l’aide d’une machine appelée « support à viol », soit artificiellement soit par un taureau. Les vaches devraient normalement vivre 20 ans, mais à cause de la réalité économique des industries laitières « bio », elles sont généralement abattues après 5 ans lorsqu’elles perdent la capacité de produire des quantités de lait économiquement viable. Pendant cette courte vie de 5 ans, elles sont enceintes plus ou moins 9 mois sur 18 à 24 et donnent naissance à un veau 2 ou 3 fois. Certains veaux femelles finiront par remplacer leur mère et grand-mère comme vache laitière. Cependant, la plupart des veaux des producteurs laitiers « bio » sont enlevés à leurs mères –qui souvent pleurent intensivement leur perte- et vendus à l’industrie du veau. Bien qu’on permette à certaines vaches laitières « bio » de paître une partie de l’année, beaucoup de vaches « bio » ne voient jamais la lumière du soleil avant d’être transportées à l’abattoir.

Tout comme les poules pondeuses « plein air », les vaches « bio » et leurs veaux sont transportées et abattues de la même manière que tout autre vache ou bœuf. Souvent, elles sont confinées des jours de transport dans un semi-remorque, et parfois dans des conditions climatiques extrêmement chaudes ou froides. Parce qu’elles sont épuisées d’avoir tellement produit de lait et du aux manipulations génétiques visant à maximiser cette production, elles sont souvent bien plus faibles que les « bœufs d’élevage » lorsqu’elles arrivent à l’abattoir. En effet, la plupart des « infirmes »  - vaches trop faibles pour même marcher – sont des vaches laitières, dont des vaches laitières « bio ». Lorsqu’elles arrivent à l’abattoir, les « infirmes » sont souvent cruellement aiguillonnées à l’aide d’outils électriques et/ou transportées à l’aide de bulldozers vers l’abattage, comme on l’a vu plus tôt cette année à la télévision nationale dans des reportages d’infiltration fournis par l’HSUS. 

L’abattage peut être une expérience horrible inimaginable et terrifiante. Bien que les vaches et bœufs soient supposés être « étourdis » à l’aide d’un pistolet à vis dans le crâne, cela peut être difficile à réussir pour l’ouvrier, surtout avec le rythme rapide auquel les animaux arrivent. Cela peut avoir comme conséquence des animaux complètement conscients lorsqu’ils sont enchaînés, hissés la tête en bas, et égorgés. Du fait que les vaches et les bœufs qui n’ont pas été correctement étourdis se débattent lorsqu’ils arrivent à la partie égorgement, les ouvriers ratent parfois l’égorgement ou la taillade n’est pas suffisante pour les tuer. A cause de la pression de la production pour garder le rythme, ces vaches et bœufs arriveront parfois en vie à la dépeceuse.

La production de lait bio économiquement viable, peu importe le label, est extrêmement cruelle pour les vaches et les veaux et requiert un abattage de masse. Les vaches laitières « bio » sont physiquement et psychologiquement détruites au moment d’arriver à l’abattoir, ce qui peut en soi être une histoire d’horreur inimaginable. Consommer des produits laitiers « bio » -lait, fromage, glace, fromage à la crème, crème- n’a tout simplement aucun sens pour toute personne concernée par le traitement et l’abattage des animaux.

L’immoralité de l’institution de l’exploitation animale.

L’exploitation animale, parce qu’elle exploite les animaux comme propriété, est de l’esclavagisme pur et simple. Les exploitants d’animaux possèdent et contrôlent totalement les animaux en tant que propriétés, ressources, et produits et toute « restriction » sur le comportement du propriétaire du bien sont uniquement là pour l’exploitation efficace des animaux en tant que marchandises. Nous n’approuvons pas l’esclavagisme humain, peu importe si un esclavagiste traite son ou ses esclaves « humainement » ou « gentiment ». Nous rejetons l’institution de l’esclavagisme sous toutes ses formes parce que l’institution en soi est immorale. L’institution en soi est immorale parce qu’elle réduit systématiquement et forcément ses sujets à de simples objets existant uniquement pour satisfaire les fins de quelqu’un ; n’accorde aucune protection aux exploités excepté ce qui est jugé nécessaire pour une exploitation efficace des marchandises ; et réduit forcément des êtres sentients avec des vies émotives, des désirs, et aversions à un statut de choses – comme s’ils étaient des brocolis insensibles, du maïs, des rochers ou des arbres.

L’institution de l’exploitation animale (ex : l’esclavagisme) est un angle mort moral dans notre culture, tout comme l’esclavagisme humain l’était il y a 160 ans en Amérique. Nous devons examiner et questionner nos préjugés culturels tout comme les américains au 19e siècle devaient examiner les leurs.

Si nous sommes moralement opposés à l’institution de l’exploitation animale et la cruauté et injustice flagrante qui en découlent forcément, comme toute personne décente consciente des faits inclus dans cet essai devrait l’être (sans mentionner les faits d’autre exploitation qui n’ont pas été évoqués ici), notre base morale doit être le veganisme.

[1] Pour en savoir plus sur les poules pondeuses plein air « usées », rendez-vous sur le site de Peaceful Prairie Sanctuary : le visage de l’exploitation plein-air.


Dan Cudahy

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Pour quelques photos de l'industrie laitière (pas de gore, pas de sang), visitez ce site